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  • La liberté intérieure comme fruit du discernement spirituel. Tentative d’un portrait spirituel du serviteur de Dieu Mgr Christophe MUNZIHIRWA, archevêque de Bukavu (1926-1996) 

    Thèse doctorale soutenue par le Révérend Père  Rigobert KYUNGU SJ, le 30 juin 2020, à l'Université Grégorienne de Rome.

    Un évènement joyeux après celui des ordinations presbytérale et diaconale des Pères Eric KAMBALE et Stanislas KAMBASHI, le samedi 27 juin 2020.

    L’auditoire ne devant contenir qu’un nombre réduit de participants suite aux restrictions liées à la crise sanitaire en cours, ladite soutenance s’est faite en mode semi publique. Néanmoins, la retransmission en direct sur YouTube a contribué à élargir l’audience.

    De quoi a-t-il été question dans cette thèse discutée en vue de l’obtention du titre de docteur en théologie spirituelle ? La recherche a porté sur la figure du serviteur de Dieu Mgr Christophe MUNZIHIRWA SJ, mort martyrisé le 29 octobre 1996 à Bukavu, et dont la cause de béatification avance à grands pas.

     

    Pour s’engager dans cette "aventure", l’auteur de la thèse a été motivé entre autres par le témoignage de vie de l’ancien archevêque de Bukavu. Ce dernier, à travers son engagement aussi bien sociopolitique que pastoral, a laissé des traces qui méritent d’être mises en évidence. Une autre motivation est le discernement spirituel qui caractérisait ce serviteur de Dieu. C’était, souligne le Père KYUNGU, un homme dont le discernement spirituel était au cœur de ses actions dans sa vie d’africain, de prêtre jésuite et d’évêque.

    La thèse porte le titre de "La liberté intérieure comme fruit du discernement spirituel. Tentative d’un portrait spirituel du serviteur de Dieu Mgr Christophe MUNZIHIRWA, archevêque de Bukavu (1926-1996)". Elle s’articule sur six grands chapitres. Dans un premier moment, l’auteur décrit la région des Grands-Lacs dans laquelle est né et a œuvré Mgr MUNZIHIRWA. Une description qui prend en compte la période trouble du génocide au Rwanda en 1994, mais aussi la guerre au Congo en 1996, dite la guerre de libération, ayant occasionné la chute du Maréchal MOBUTU, après 32 ans de règne.

    En second lieu, l’auteur dresse une biographie de l’ancien archevêque de Bukavu, depuis sa naissance à Burhale dans le Bushi, jusqu’à son ordination épiscopale inclusivement. Cette biographie se veut suffisamment fouillée, dans le but de contribuer à l’avancement du procès de béatification du serviteur de Dieu.  Le troisième chapitre couvre le ministère épiscopal du prélat à Kasongo où il est resté 8 ans. L’auteur a voulu mettre en exergue ces années qui sont souvent oubliées dans beaucoup de biographies. Le quatrième chapitre développe l’étape de Bukavu où Mgr MUNZIHIRWA a exercé son ministère épiscopal de manière très intense pendant deux ans, dans le contexte de guerre et ce, jusqu’à son martyre. Ici, l’auteur discute aussi la question du martyre " in odium fidei ". 

    D’autre part, la dissertation comprend une partie analytique qui scrute la figure de Mgr MUNZIHIRWA à partir de son enracinement dans la culture africaine, entre autres. Ainsi, le cinquième chapitre analyse-t-il 55 proverbes utilisés par Mgr MUNZIHIRWA, en les insérant dans les genres poétiques de la littérature orale africaine.  Pour notre auteur, Mgr MUNZIHIRWA a montré que l’Afrique est riche et que ses richesses culturelles ne peuvent être balayées ni abandonnées comme si elles n’étaient pas importantes. L’attachement à sa culture a aidé Mgr MUNZIHIRWA à intérioriser, ou mieux, inculturer non seulement l’évangile, mais aussi la spiritualité ignatienne au point de faire de lui un homme à la fois "entièrement africain et entièrement jésuite". L’auteur démontre donc que la culture africaine et la spiritualité ignatienne convergent harmonieusement dans la personne de Mgr MUNZIHIRWA. Enfin, au sixième chapitre, le discernement apparaît comme un thème clé dans la discussion, puisque, selon l’auteur, il constitue un outil efficace utilisé par le serviteur de Dieu tout au long de sa vie, générant en lui une vraie liberté intérieure. La thèse chute en dépeignant le profil spirituel de Mgr MUNZIHIRWA, affirmant que sa spiritualité se fonde sur la prière et l’Eucharistie, la dévotion mariale, l’engagement pour la paix et la justice, la pauvreté évangélique, la croix du Christ, le discernement spirituel, la liberté intérieure, l’inculturation et enfin le sens de l’Eglise.

    Au terme de la présentation par le récipiendaire des résultats de sa recherche, un dialogue s’est engagé avec le jury pour expliquer davantage et tirer au clair tous les hémisphères de ce travail scientifique. Après délibération, le jury a salué la rigueur et la qualité du travail accompli. Dans le respect des normes de la Grégorienne, le jury n’a pas immédiatement rendu public son verdict ; il appartient aux services du secrétariat de l’Université de le communiquer au récipiendaire par les voies ordinaires. Le père KYUNGU recevra donc le titre de docteur après la publication partielle ou totale de sa thèse. Profitiat !

    Pour célébrer la joie de cet évènement, les Jésuites présents à la cérémonie ainsi que d’autres invités se sont retrouvés dans la communauté du Gesù où un verre d’amitié a été partagé.

    En outre, pour joindre l’utile à l’agréable, un partage de repas a été organisé le mercredi 1er juillet 2020 dans un restaurant de la place pour célébrer avec quelques invités les trois évènements joyeux de l’ACE-Rome : thèse, ordinations presbytérale et diaconale.

    C’est par ces événements heureux que s’achève l’année académique. Se pliant aux aléas du transport aérien dans les circonstances actuelles, les uns attendent de s’envoler sous d’autres cieux, alors que d’autres ont décidé de passer l’été en Italie ou en Europe. Désormais l’ACE-Rome a un nouveau coordinateur pour l’année académique 2020-2021 en la personne de Camille MUKOSO à qui nous souhaitons beaucoup de succès dans ce service.

    Jean-Paul KAMBA, SJ

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    Vingtième anniversaire de l'assassinant de
    Mgr Christophe MUNZIHIRWA MWENE NGABO 
    (01/01/1926-29/10/1996) 

    Par Jean NYEMBO, sj
    Commission Foi et Promotion de la Justice

    Bien chers amis dans le Seigneur,

    Paix à vous !

    Nous célébrons aujourd'hui, 29 octobre 2016, le vingtième anniversaire de l'assassinat de notre frère, pasteur de l'Eglise de Bukavu, Mgr Christophe MUNZIHIRWA MWENE NGABO. Mzee, comme nous l'appelions respectueusement et affectueusement, est mort sur le champ de batailles, la croix à la main comme seule arme qu'il possédait.

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  • Saint Nicolas et Père Fouettard : qui sont-ils ?
    Et quel est leur impact sur les enfants belgo-africains ?

     

    Par Mireille-Tsheusi ROBERT
    BAMKO asbl
     

    Connaissez-vous le "Sauvage d'Ath "? Le "Diable Magnon" ? Ou les "Basoulous de Basècles" ? Vous n'avez sûrement jamais entendu parler de ces sauvages hainuyers si vous n'êtes pas originaire de cette région. Peut-être connaîtrez-vous mieux les Noirauds bruxellois ou le Zwarte Piet anversois ? Dans l'espace francophone, Zwarte Piet, littéralement Pierrot-Le-Noir, est appelé Père Fouettard, le joyeux mais répressif compagnon de Saint Nicolas. Ces figures folkloriques souvent enchaînées, parfois affublées de cornes, dansant, chantant et vociférant à l'encontre des badauds lors du carnaval de la "Ducasse", de la fête de Saint Nicolas ou lors de la procession des Noirauds ont toutes un point commun : le maquillage en noir du visage ou le "blackface".

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  • CPI. Les doutes du procès BEMBA
    Y a-t-il vraiment eu crimes contre l’humanité à Bangui 
    en 2002 et 2003 ?

    Par WINA LOKONDO
    Historien, journaliste indépendant

     Le 24 mai 2008, Jean-Pierre BEMBA, sénateur et ancien Vice-président de la RD Congo de 2003 à 2006, est arrêté en début de soirée dans sa résidence de Rhode-Saint-Genèse, un quartier périphérique de Bruxelles, en exécution du mandat d’arrêt international lancé contre lui par le procureur près la Cour Pénale Internationale. Il sera transféré, après neuf jours de détention dans la capitale belge, à la prison de la CPI de Scheveningen, un faubourg de La Haye. Il y est, à ce jour.

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  • Analyse des enjeux de l’appartenance multiple de la RD Congo
    aux organisations internationales africaines

     

    Par       Adolphe AMANI BYENDA[1]
    Germain NGOIE TSHIBAMBE[2]

     

    Résumé : Depuis la fin de la première et de la deuxième guerre mondiale, les organisations internationales jouent  un rôle très important dans les différents secteurs de la vie à cause de leur efficacité de réponse rapide aux problèmes urgents des États. À cet égard, il s’avère, sur base de nos résultats, que l’appartenance des États à plusieurs organisations notamment sous-régionales, régionales ou intercontinentales constitue un avantage  tant sur le plan politique, économique que sécuritaire. Le présent article se fixe comme objectif, l’analyse des enjeux de l’appartenance multiple de la RD Congo aux organisations internationales africaines. À partir de cette recherche, nous comprenons que les facteurs géographique, historique, sécuritaire, économique, politique et culturel,… sont autant d'éléments qui justifient l’appartenance multiple de la RD Congo aux organisations internationales africaines.  

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  • MENDE, KAMBILA et les sanctions impériales

     

    Par MBELU BABANYA KABUDI

    Les sanctions prises par les USA et l'UE à l'endroit de certains membres de ''la kabilie'' ont suscité quelques réactions en son sein. L'ex-porte-parole du gouvernement démissionnaire  de MATATA PONYO, Lambert MENDE, fort de ses études de droit, les a sévèrement critiquées ce lundi 12 décembre 2016. Voici ce qu'il dit :

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    Cosmos EGLO, Du sang sur le miroir. Paris, L'Harmattan, 2012. 200 pages.

    Par Eddy VAN SEVENANT

    Ames sensibles s'abstenir ! De la première à la dernière page, c'est un déferlement de violences et des bains de sang toujours renouvelés que l'auteur nous propose ici afin d'illustrer la situation déplorable de certains pays africains post-coloniaux, livrés à toutes les turpitudes de leurs "élites", sanguinaires à souhait et soutenues à bout de bras par des puissances extérieures (dans le cas présent la France et les USA) qui y trouvent l'opportunité de garder la main sur le pays tout en n'y étant plus officiellement présentes.

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    Par Modeste WASSO

    Griet BROSENS, Du Congo à l’Yser. 32 soldats congolais dans l’armée belge durant la Première Guerre mondiale. Traduit du néerlandais (Belgique) par Charles FRANKEN. Waterloo, éditions Luc Pire (www.editionslucpire.be), 2016. 271 pages. 24,90 €

    Voici un livre qui ouvre une page de l’histoire commune à la Belgique et au Congo des années  1914-1918. "Du Congo à l’Yser"  relate  l’histoire, longtemps occultée, des Congolais arrivés en Belgique, à la fin du 19ème siècle (les premières arrivées datent de 1885) en tant que militaires et qui ont combattu sous le drapeau belge pendant la première guerre mondiale, 1914-1918.

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  • Par Eddy VAN SEVENANT

    Collectif, État des résistances dans le Sud : Afrique. Alternatives Sud (Revue trimestrielle). Volume 23-2016/4. Centre Tricontinental  (Louvain-la-Neuve) et Éditions Syllepse (Paris) – 215 pages. 13 €

    Cet ouvrage fait partie d'une série qui fait le point régulièrement sur les oppositions politiques, féministes, paysannes, etc. aux régimes en place dans différents pays du Sud, principalement d'ailleurs sur le continent africain.

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  • Groupes armés et problématique de développement
    du territoire de Fizi (RD Congo)


    par BAWILI LUKELE Tango
    département des Sciences Politiques et Administratives 
    Université Officielle de Bukavu
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    Résumé : Par leurs actions, les groupes armés ont influé et influent négativement sur le développement de ce territoire ; ils y créent une instabilité permanente depuis de longues années. Cette instabilité entraîne des conséquences désastreuses notamment sur les plans politique, administratif, sécuritaire, économique, etc. Cet état des choses empêche les pouvoirs publics et les populations locales d'exploiter les multiples potentialités naturelles en vue de booster son développement. Ceci explique dans une certaine mesure le sous-développement de ce territoire. De ce fait, il importe que l’État se réveille, rétablisse la paix et suscite le développement de ce territoire en impliquant les populations locales.

    Introduction    

    Depuis plus d’une décennie, l’est de la RD Congo est en proie à une instabilité sécuritaire dont les causes sont à la fois internes et externes. L’ampleur et les effets de cette situation sont différemment vécus d’une province à une autre. Au Sud-Kivu, l’émergence et la résurgence des groupes armés entraînent une instabilité sécuritaire qui, par conséquent, étouffe les actions du développement. 

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Thursday, 19 July 2018 15:55

prochaines elections en RD Congo

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Prochaines élections en RD Congo. Quelques éléments de réflexion

Par Modeste WASSO
Ancien Président de la Société civile du Sud-Kivu

1. Les enjeux des élections

Qu’on le veuille ou non, tôt ou tard, le peuple congolais ira aux élections. Le Premier Ministre Congolais l'a confirmé dans un entretien à la BBC-Hardcall, le 15 mars 2018. Il convient donc de s’y préparer et, en particulier, préparer le peuple aux vrais enjeux de celles-ci dans un pays démocratique au lieu de continuer à le démoraliser avec de sombres constats qui ne font qu’alimenter la morosité générale et le fatalisme. 

Toute tentative pour les retarder ou les bloquer ne peut être que nuisible pour le pays et, en particulier, pour sa population déjà meurtrie.  Il faudrait être sourd ou aveugle pour ne pas se rendre compte de la situation de la RD Congo, la lassitude et les frustrations parfois même de la colère intensifiée par l’incurie et l’arrogance de la classe politique et qui habitent une grande partie de la population. 

La classe politique, parlons-en,  son sort devrait être réglé par les  élections. C’est là un des doubles objectifs des élections : offrir à la population l’occasion de sanctionner les mauvais gestionnaires de la " res publica ".  Mais c’est aussi l’occasion de confier le sort du pays à des personnes que l’on estime être capables de gouverner le pays, des personnes dignes et intègres.

Il ne s’agit pas nécessairement de placer d’autres gestionnaires ou d’autres mandataires à la tête du pays, mais de confier le sort du pays à des mandataires plus honnêtes et plus compétents. Il importe donc de s’interroger sur le mot "alternance" que les opposants au régime actuel ne cessent de nous ressasser. Il ne s’agit pas de " changement "  pour le changement,  de l’alternance pour l’alternance. Il ne s’agit pas de déshabiller Pierre pour habiller Paul. Dans un État démocratique, l’alternance a un objectif : l’amélioration de la gestion de la République pour plus de démocratie, plus de justice, plus de bien-être pour l’ensemble des citoyens.

La période des élections est donc une période  où le peuple dans son ensemble est convoqué à exercer son pouvoir à condition, bien sûr, qu’il soit bien informé et bien éclairé sur les enjeux des élections. Un peuple ignorant est un peuple  esclave, disait quelqu’un. C’est bien là aussi la fonction des partis politiques (et non seulement la conquête du pouvoir) et notamment des organisations de la société civile : l’éducation civique des masses populaires.

2. La situation  actuelle

Il n’est pas facile de faire un constat  réel de la situation qui prévaut en RD Congo. La raison tient au fait que les informations largement diffusées par les médias dominants ne retiennent que les faits négatifs, souvent même dramatiques. Les différents rapports des organisations internationales sont en général tronqués et même faussés. Ce qui est compréhensible : les médias et organisations internationales  sont au service des instances qui les financent et qui les envoient sur le terrain avec des objectifs précis. Il serait naïf de penser que les intérêts de ces instances correspondent nécessairement aux intérêts  du peuple congolais. Voilà la raison pour laquelle j’ai fini par cultiver en moi le réflexe de méfiance vis-à-vis des personnes portées par les médias internationaux. Ceci ne signifie pas que toutes les personnes couvertes par les médias internationaux soient peu recommandables. On a vu certains leaders portés par les médias internationaux changer de position une fois arrivés au pouvoir. Ils sont alors vomis par ceux qui les soutenaient hier.  Mais l’inverse est aussi vrai : des personnes vomies par les grandes puissances mais qui ont fini par devenir leurs idoles. Pour plus de détails sur les médias dominants, je recommande la lecture du dernier livre que vient de publier le Professeur Emmanuel NASHI : "Rivalités franco-belges au Rwanda et polémiques journalistiques". (L’Harmattan, 2018)

3. Le profil d’un candidat idéal

Je voudrais maintenant décrire les qualités d’un candidat que j’estime à même de gouverner le pays et pour qui je pourrai éventuellement voter. Pour mieux faire, je distinguerai, à ce propos, trois dimensions : dimension humaine, dimension spirituelle et dimension intellectuelle.

La dimension humaine porte sur la capacité d’un candidat  à porter le poids de la charge qu’il demande au peuple de lui confier. Est-ce qu’il a des aptitudes relationnelles requises, des aptitudes de communication, de charité, d’attention à l’autre, d’écoute, de dialogue, etc… Il faut être attentif aux qualités humaines telles que l’altruisme, la bienveillance, l’empathie, l’honnête, la loyauté, etc.

L’altruisme est une disposition du caractère qui pousse quelqu’un à s’intéresser aux autres, à se montrer désintéressé ; c’est l’opposé de l’égoïsme, tendance à se mettre au centre de tout. Un homme égoïste se préoccupe exclusivement de son propre plaisir, de son propre intérêt sans se soucier de ceux des autres.

La bienveillance est une disposition favorable envers les autres. La bienveillance est opposée à la  malveillance, tendance à nuire aux autres, à les agresser ou les attaquer ne fut-ce que verbalement. Un homme malveillant prête toujours aux propos des autres de mauvaises intentions.

L’empathie est l’aptitude de se mettre à la place d’autrui, à percevoir ce qu’il ressent. Ainsi un directeur de service qui laisse ses travailleurs sans salaire pendant des mois, se pose-t-il la question de savoir comment ces gens vivent ?

L’honnêteté désigne l’aptitude de se conformer aux règles de la morale, de la probité et de la loyauté. Est loyal, celui qui évite d’user des voies détournées, interdites par la loi ou par la morale.

Plus concrètement, on se demandera si le candidat est un homme de confiance. La confiance est le sentiment de sécurité de celui qui se fie à quelqu’un ou à quelque chose. Il importe donc de s’interroger si la personne que je vais choisir et à  qui je compte confier la gestion du pays est une personne en qui je peux faire confiance ; est-elle une personne qui tient parole ? S’agit-il d’une personne qui dit vrai, qui dit des balivernes, des propos sans fondement voire erronés ? Dans la vie quotidienne il nous arrive parfois de rencontrer des personnes en qui il est difficile de faire confiance parce qu’elles promettent une chose qu’elles ne peuvent pas ou ne veulent pas réaliser, des roublards, des rusés. Il ne faut certainement pas attendre que cette personne-là soit élue président de la République ou  député pour constater qu’elle n’est pas honnête, qu’elle ne respecte pas sa parole.

Si la dimension humaine porte essentiellement sur les relations humaines, la dimension spirituelle, elle, concerne notre comportement vis –à-vis des biens matériels : l’argent, le pouvoir, le sexe, la nourriture et tous les biens de consommation… L’opposé du spiritualisme est le matérialisme : cette tendance qui nous  conduit à privilégier les valeurs matérielles au détriment d’engagements  plus immatériels comme le partage, la spiritualité, l’équilibre intérieur, la gratuité, etc. Ceci peut paraître anodin, mais exerce une influence capitale sur la manière dont on se comporte une fois au pouvoir.

La dimension intellectuelle concerne la capacité d’un candidat à saisir et à traiter par la pensée les problèmes qu’il va affronter lorsqu’il sera aux commandes. A-t-il  des compétences requises pour exercer la fonction qu’il sollicite ? C’est ici qu’intervient la question des études et du diplôme. Certes, l’observation montre que les études ou le diplôme ne rendent pas nécessairement un homme ou une femme compétents ou honnêtes. Nous avons tous croisé sur notre chemin des diplômés roublards et malhonnêtes. Mais de là dire que les études ne doivent pas être prises en compte, il y a une marge que je n’ose pas franchir. (…)

Les études et le diplôme sont un atout dont il faudra certainement tenir compte et cela pour plusieurs raisons. Sans en faire une panacée, les études ouvrent notre esprit à nous-mêmes, aux autres et au monde  A nous-mêmes et aux autres d’abord car grâce aux études, nous réalisons que nous ne sommes pas seuls, nous ne sommes pas  le centre du monde.

Les études nous permettent aussi de comprendre notre environnement physique, notre pays n’étant pas une île isolée sur la terre, nous apprenons qu’il existe d’autres États avec lesquels nous devons coopérer pour nous développer.

Votre candidat a-t-il un programme clair et réalisable ? Ne vous promet-il monts et merveilles, un paradis sur terre ? La plupart des personnes qui ambitionnent d’être élues président restent vagues dans la présentation de leurs programmes d’action. En période des élections, vous l’aurez sans doute remarqué, les promesses fleurissent. La dernière en date est celle d’un candidat déclaré qui promet de donner du travail à tous les citoyens s’il est élu ou cet autre qui a promis de restaurer la démocratie. Ce sont des promesses alléchantes certainement mais difficilement réalisables.

J’ai dernièrement suivi le meeting organisé par un parti : rien que des critiques négatives à l’endroit du pouvoir actuel, aucun projet de société, aucun programme  clair et réalisable.

Il est important de comprendre l’importance d’un programme d’action pour les candidats à la magistrature suprême. Dans les vieilles démocraties, les programmes sont portés par les gouvernements issus des partis politiques, ce qui présente de nombreux avantages. Mais dans nos pays, tout semble reposer sur les épaules d’une personne : le Président de la République.

Le fait de présenter un programme d’action montre, en outre, que le candidat a un projet pour le pays, qu’il ne cherche pas le pouvoir pour le pouvoir. Trop souvent, les candidats aux postes de responsabilité nous laissent cette fâcheuse impression de ne rien savoir sur leurs responsabilités, aucune expérience, aucune compétence, comme au temps du Président MOBUTU, où le plus clair de son temps se passait en accordant des audiences à tel point que s’il n’y avait pas d’audiences, il n’y avait rien d’autre à faire.

D’autre part, le programme  est une série d’actions que le candidat promet de réaliser sous sa présidence. C’est un engagement que le candidat prend vis-à-vis de l’électorat.  Et c’est sur la base de cet engagement que l’élu sera soit sanctionné s’il s’avère qu’il ne l’a pas honoré soit récompensé par le renouvellement de la confiance qu’on lui fait. Il est important que le programme soit clair et réalisable dans le temps et dans l’espace.

Pour terminer, je voudrai dire pourquoi, après cette présentation, je me refuse tout de même de citer le nom du candidat que je recommanderai. Pour ne pas détourner l’attention de ceux qui vont me lire.  Il faut, peut-être le dire clairement, le profil est un idéal que personne ne peut réaliser parfaitement. Tous les candidats sont des êtres humains et il faut les considérer comme tels. Ils ont tous chacun ses qualités et bien entendu des défauts. Ce ne sont pas des surhommes. Cette affirmation ne signifie nullement que tous les candidats s’équivalent. Il existe parmi eux certainement  le moins  mauvais.  Il revient à chacun de déterminer, en âme et conscience qui est pour lui ce moins mauvais.

En âme et conscience, voici l’expression sur  laquelle ma réflexion voudrait insister. Le choix d’un candidat est un acte libre qui relève de la conscience et de la responsabilité de chaque citoyen. Il n’est pas acceptable que l’on continue à se décharger sur les autres et notamment sur les grandes puissances. Au moment de voter, aucun délégué d’un État étranger ne sera avec vous dans l’isoloir. Vous y serez seul devant votre conscience.

Mon propos n’est pas de diaboliser tel parti politique ou tel candidat mais de mettre l’accent sur la nécessité de changer le système, d’en revenir aux engagements pris. Dans le cas contraire, le peuple se sent trompé.

Mis en ligne le 20 juillet 2018

Lu 1967 fois Dernière modification Tuesday, 18 December 2018 12:58
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1 comment

  • Comment Link Pierre Mourlon Friday, 27 July 2018 08:10 posted by Pierre Mourlon

    Merci pour ce beau numéro - j'ai bien entendu lu de près le texte de Modeste Wasso, que je tiens à féliciter... Merci de le lui dire à l'occasion ! Bel été au CACEAC...

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