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  • La liberté intérieure comme fruit du discernement spirituel. Tentative d’un portrait spirituel du serviteur de Dieu Mgr Christophe MUNZIHIRWA, archevêque de Bukavu (1926-1996) 

    Thèse doctorale soutenue par le Révérend Père  Rigobert KYUNGU SJ, le 30 juin 2020, à l'Université Grégorienne de Rome.

    Un évènement joyeux après celui des ordinations presbytérale et diaconale des Pères Eric KAMBALE et Stanislas KAMBASHI, le samedi 27 juin 2020.

    L’auditoire ne devant contenir qu’un nombre réduit de participants suite aux restrictions liées à la crise sanitaire en cours, ladite soutenance s’est faite en mode semi publique. Néanmoins, la retransmission en direct sur YouTube a contribué à élargir l’audience.

    De quoi a-t-il été question dans cette thèse discutée en vue de l’obtention du titre de docteur en théologie spirituelle ? La recherche a porté sur la figure du serviteur de Dieu Mgr Christophe MUNZIHIRWA SJ, mort martyrisé le 29 octobre 1996 à Bukavu, et dont la cause de béatification avance à grands pas.

     

    Pour s’engager dans cette "aventure", l’auteur de la thèse a été motivé entre autres par le témoignage de vie de l’ancien archevêque de Bukavu. Ce dernier, à travers son engagement aussi bien sociopolitique que pastoral, a laissé des traces qui méritent d’être mises en évidence. Une autre motivation est le discernement spirituel qui caractérisait ce serviteur de Dieu. C’était, souligne le Père KYUNGU, un homme dont le discernement spirituel était au cœur de ses actions dans sa vie d’africain, de prêtre jésuite et d’évêque.

    La thèse porte le titre de "La liberté intérieure comme fruit du discernement spirituel. Tentative d’un portrait spirituel du serviteur de Dieu Mgr Christophe MUNZIHIRWA, archevêque de Bukavu (1926-1996)". Elle s’articule sur six grands chapitres. Dans un premier moment, l’auteur décrit la région des Grands-Lacs dans laquelle est né et a œuvré Mgr MUNZIHIRWA. Une description qui prend en compte la période trouble du génocide au Rwanda en 1994, mais aussi la guerre au Congo en 1996, dite la guerre de libération, ayant occasionné la chute du Maréchal MOBUTU, après 32 ans de règne.

    En second lieu, l’auteur dresse une biographie de l’ancien archevêque de Bukavu, depuis sa naissance à Burhale dans le Bushi, jusqu’à son ordination épiscopale inclusivement. Cette biographie se veut suffisamment fouillée, dans le but de contribuer à l’avancement du procès de béatification du serviteur de Dieu.  Le troisième chapitre couvre le ministère épiscopal du prélat à Kasongo où il est resté 8 ans. L’auteur a voulu mettre en exergue ces années qui sont souvent oubliées dans beaucoup de biographies. Le quatrième chapitre développe l’étape de Bukavu où Mgr MUNZIHIRWA a exercé son ministère épiscopal de manière très intense pendant deux ans, dans le contexte de guerre et ce, jusqu’à son martyre. Ici, l’auteur discute aussi la question du martyre " in odium fidei ". 

    D’autre part, la dissertation comprend une partie analytique qui scrute la figure de Mgr MUNZIHIRWA à partir de son enracinement dans la culture africaine, entre autres. Ainsi, le cinquième chapitre analyse-t-il 55 proverbes utilisés par Mgr MUNZIHIRWA, en les insérant dans les genres poétiques de la littérature orale africaine.  Pour notre auteur, Mgr MUNZIHIRWA a montré que l’Afrique est riche et que ses richesses culturelles ne peuvent être balayées ni abandonnées comme si elles n’étaient pas importantes. L’attachement à sa culture a aidé Mgr MUNZIHIRWA à intérioriser, ou mieux, inculturer non seulement l’évangile, mais aussi la spiritualité ignatienne au point de faire de lui un homme à la fois "entièrement africain et entièrement jésuite". L’auteur démontre donc que la culture africaine et la spiritualité ignatienne convergent harmonieusement dans la personne de Mgr MUNZIHIRWA. Enfin, au sixième chapitre, le discernement apparaît comme un thème clé dans la discussion, puisque, selon l’auteur, il constitue un outil efficace utilisé par le serviteur de Dieu tout au long de sa vie, générant en lui une vraie liberté intérieure. La thèse chute en dépeignant le profil spirituel de Mgr MUNZIHIRWA, affirmant que sa spiritualité se fonde sur la prière et l’Eucharistie, la dévotion mariale, l’engagement pour la paix et la justice, la pauvreté évangélique, la croix du Christ, le discernement spirituel, la liberté intérieure, l’inculturation et enfin le sens de l’Eglise.

    Au terme de la présentation par le récipiendaire des résultats de sa recherche, un dialogue s’est engagé avec le jury pour expliquer davantage et tirer au clair tous les hémisphères de ce travail scientifique. Après délibération, le jury a salué la rigueur et la qualité du travail accompli. Dans le respect des normes de la Grégorienne, le jury n’a pas immédiatement rendu public son verdict ; il appartient aux services du secrétariat de l’Université de le communiquer au récipiendaire par les voies ordinaires. Le père KYUNGU recevra donc le titre de docteur après la publication partielle ou totale de sa thèse. Profitiat !

    Pour célébrer la joie de cet évènement, les Jésuites présents à la cérémonie ainsi que d’autres invités se sont retrouvés dans la communauté du Gesù où un verre d’amitié a été partagé.

    En outre, pour joindre l’utile à l’agréable, un partage de repas a été organisé le mercredi 1er juillet 2020 dans un restaurant de la place pour célébrer avec quelques invités les trois évènements joyeux de l’ACE-Rome : thèse, ordinations presbytérale et diaconale.

    C’est par ces événements heureux que s’achève l’année académique. Se pliant aux aléas du transport aérien dans les circonstances actuelles, les uns attendent de s’envoler sous d’autres cieux, alors que d’autres ont décidé de passer l’été en Italie ou en Europe. Désormais l’ACE-Rome a un nouveau coordinateur pour l’année académique 2020-2021 en la personne de Camille MUKOSO à qui nous souhaitons beaucoup de succès dans ce service.

    Jean-Paul KAMBA, SJ

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    Vingtième anniversaire de l'assassinant de
    Mgr Christophe MUNZIHIRWA MWENE NGABO 
    (01/01/1926-29/10/1996) 

    Par Jean NYEMBO, sj
    Commission Foi et Promotion de la Justice

    Bien chers amis dans le Seigneur,

    Paix à vous !

    Nous célébrons aujourd'hui, 29 octobre 2016, le vingtième anniversaire de l'assassinat de notre frère, pasteur de l'Eglise de Bukavu, Mgr Christophe MUNZIHIRWA MWENE NGABO. Mzee, comme nous l'appelions respectueusement et affectueusement, est mort sur le champ de batailles, la croix à la main comme seule arme qu'il possédait.

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  • Saint Nicolas et Père Fouettard : qui sont-ils ?
    Et quel est leur impact sur les enfants belgo-africains ?

     

    Par Mireille-Tsheusi ROBERT
    BAMKO asbl
     

    Connaissez-vous le "Sauvage d'Ath "? Le "Diable Magnon" ? Ou les "Basoulous de Basècles" ? Vous n'avez sûrement jamais entendu parler de ces sauvages hainuyers si vous n'êtes pas originaire de cette région. Peut-être connaîtrez-vous mieux les Noirauds bruxellois ou le Zwarte Piet anversois ? Dans l'espace francophone, Zwarte Piet, littéralement Pierrot-Le-Noir, est appelé Père Fouettard, le joyeux mais répressif compagnon de Saint Nicolas. Ces figures folkloriques souvent enchaînées, parfois affublées de cornes, dansant, chantant et vociférant à l'encontre des badauds lors du carnaval de la "Ducasse", de la fête de Saint Nicolas ou lors de la procession des Noirauds ont toutes un point commun : le maquillage en noir du visage ou le "blackface".

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  • CPI. Les doutes du procès BEMBA
    Y a-t-il vraiment eu crimes contre l’humanité à Bangui 
    en 2002 et 2003 ?

    Par WINA LOKONDO
    Historien, journaliste indépendant

     Le 24 mai 2008, Jean-Pierre BEMBA, sénateur et ancien Vice-président de la RD Congo de 2003 à 2006, est arrêté en début de soirée dans sa résidence de Rhode-Saint-Genèse, un quartier périphérique de Bruxelles, en exécution du mandat d’arrêt international lancé contre lui par le procureur près la Cour Pénale Internationale. Il sera transféré, après neuf jours de détention dans la capitale belge, à la prison de la CPI de Scheveningen, un faubourg de La Haye. Il y est, à ce jour.

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  • Analyse des enjeux de l’appartenance multiple de la RD Congo
    aux organisations internationales africaines

     

    Par       Adolphe AMANI BYENDA[1]
    Germain NGOIE TSHIBAMBE[2]

     

    Résumé : Depuis la fin de la première et de la deuxième guerre mondiale, les organisations internationales jouent  un rôle très important dans les différents secteurs de la vie à cause de leur efficacité de réponse rapide aux problèmes urgents des États. À cet égard, il s’avère, sur base de nos résultats, que l’appartenance des États à plusieurs organisations notamment sous-régionales, régionales ou intercontinentales constitue un avantage  tant sur le plan politique, économique que sécuritaire. Le présent article se fixe comme objectif, l’analyse des enjeux de l’appartenance multiple de la RD Congo aux organisations internationales africaines. À partir de cette recherche, nous comprenons que les facteurs géographique, historique, sécuritaire, économique, politique et culturel,… sont autant d'éléments qui justifient l’appartenance multiple de la RD Congo aux organisations internationales africaines.  

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  • MENDE, KAMBILA et les sanctions impériales

     

    Par MBELU BABANYA KABUDI

    Les sanctions prises par les USA et l'UE à l'endroit de certains membres de ''la kabilie'' ont suscité quelques réactions en son sein. L'ex-porte-parole du gouvernement démissionnaire  de MATATA PONYO, Lambert MENDE, fort de ses études de droit, les a sévèrement critiquées ce lundi 12 décembre 2016. Voici ce qu'il dit :

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    Cosmos EGLO, Du sang sur le miroir. Paris, L'Harmattan, 2012. 200 pages.

    Par Eddy VAN SEVENANT

    Ames sensibles s'abstenir ! De la première à la dernière page, c'est un déferlement de violences et des bains de sang toujours renouvelés que l'auteur nous propose ici afin d'illustrer la situation déplorable de certains pays africains post-coloniaux, livrés à toutes les turpitudes de leurs "élites", sanguinaires à souhait et soutenues à bout de bras par des puissances extérieures (dans le cas présent la France et les USA) qui y trouvent l'opportunité de garder la main sur le pays tout en n'y étant plus officiellement présentes.

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    Par Modeste WASSO

    Griet BROSENS, Du Congo à l’Yser. 32 soldats congolais dans l’armée belge durant la Première Guerre mondiale. Traduit du néerlandais (Belgique) par Charles FRANKEN. Waterloo, éditions Luc Pire (www.editionslucpire.be), 2016. 271 pages. 24,90 €

    Voici un livre qui ouvre une page de l’histoire commune à la Belgique et au Congo des années  1914-1918. "Du Congo à l’Yser"  relate  l’histoire, longtemps occultée, des Congolais arrivés en Belgique, à la fin du 19ème siècle (les premières arrivées datent de 1885) en tant que militaires et qui ont combattu sous le drapeau belge pendant la première guerre mondiale, 1914-1918.

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  • Par Eddy VAN SEVENANT

    Collectif, État des résistances dans le Sud : Afrique. Alternatives Sud (Revue trimestrielle). Volume 23-2016/4. Centre Tricontinental  (Louvain-la-Neuve) et Éditions Syllepse (Paris) – 215 pages. 13 €

    Cet ouvrage fait partie d'une série qui fait le point régulièrement sur les oppositions politiques, féministes, paysannes, etc. aux régimes en place dans différents pays du Sud, principalement d'ailleurs sur le continent africain.

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  • Groupes armés et problématique de développement
    du territoire de Fizi (RD Congo)


    par BAWILI LUKELE Tango
    département des Sciences Politiques et Administratives 
    Université Officielle de Bukavu
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    Résumé : Par leurs actions, les groupes armés ont influé et influent négativement sur le développement de ce territoire ; ils y créent une instabilité permanente depuis de longues années. Cette instabilité entraîne des conséquences désastreuses notamment sur les plans politique, administratif, sécuritaire, économique, etc. Cet état des choses empêche les pouvoirs publics et les populations locales d'exploiter les multiples potentialités naturelles en vue de booster son développement. Ceci explique dans une certaine mesure le sous-développement de ce territoire. De ce fait, il importe que l’État se réveille, rétablisse la paix et suscite le développement de ce territoire en impliquant les populations locales.

    Introduction    

    Depuis plus d’une décennie, l’est de la RD Congo est en proie à une instabilité sécuritaire dont les causes sont à la fois internes et externes. L’ampleur et les effets de cette situation sont différemment vécus d’une province à une autre. Au Sud-Kivu, l’émergence et la résurgence des groupes armés entraînent une instabilité sécuritaire qui, par conséquent, étouffe les actions du développement. 

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Wednesday, 29 November 2017 15:27

Analyse de la procédure relative à la souscription des emprunts en RD Congo

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Analyse de la procédure relative à la souscription des emprunts publics en droit congolais

Par Martin MUZALIWA KALINDE

À l’époque de l’État de nature, c’est la loi du plus fort qui régissait les relations entre les hommes. Avec l’avènement de l’État, celui-ci avait pour mission d’assurer d’abord l’ordre, la justice, la sécurité, la diplomatie et même d’émettre la monnaie ; c’est l’époque de l’État gendarme[1]. Avec la révolution industrielle, l’État a été obligé d’embrasser tous les domaines de la vie. C’est l’époque de l’État providence[2]. Celui-ci est caractérisé par la multitude des charges qui sont àla base de beaucoup de dépenses.

Or, pour couvrir ses charges, l’État a besoin de ressources qui peuvent provenir des impôts et taxes, du recours à la planche à billet ou encore des emprunts s’il est nécessaire[3]. À ce sujet, il convient de noter que la théorie de l’unité budgétaire voudrait que ces emprunts puissent faire l’objet d’un mécanisme d’incorporation dans le budget de l’État, qui est l’instrument de l’équilibre social.

En effet, le budget, en tant qu’ensemble des comptes qui décrivent, pour l’année civile, toutes les ressources et toutes les charges permanentes d’un État[4], demeure régi par un certain nombre de principes, dont le plus important est, à notre avis, celui de l’équilibre budgétaire.

Ce principe implique que la masse de toutes les recettes ainsi que celle de toutes les dépenses publiques, prévues dans la loi des finances, doivent présenter une certaine homogénéité, une interdépendance, mieux une égalité. Autrement dit, ce principe budgétaire suppose l’existence d’un équilibre entre les recettes et les dépenses publiques prévues dans le budget d’un État.

Or, en raison des conditions économiques spécifiques à chaque État, il arrive, fort malheureusement, que cet équilibre financier, qui doit normalement caractériser le budget d’un État, soit rompu et que les ressources attendues se révèlent insuffisantes par rapport aux dépenses publiques qu’elles doivent couvrir.

En pareille situation, on dit que le budget est déficitaire. Pour combler ce déficit et ainsi rétablir l’équilibre du budget, la plupart des États, en général, et la RD Congo en particulier, font recours parfois à l’emprunt public. En effet, l’emprunt public constitue un moyen strictement financier, une ressource exceptionnelle en cas de déficit budgétaire, mieux de difficultés budgétaires[5].

À ce titre, l’emprunt public peut être contracté tant à l’intérieur qu’à l’extérieur d’un État. D’où l’existence des emprunts intérieurs d’un côté, et les emprunts extérieurs de l’autre. S’agissant précisément de l’emprunt extérieur, objet de cette étude, il convient de relever en liminaire qu’un État recourt généralement au procédé d’emprunt extérieur lorsqu’il veut se procurer des capitaux nécessaires à l’équilibre de sa balance des paiements ou encore lorsqu’il désire trouver des capitaux que  ne peut lui fournir le marché intérieur[6].

Il en découle donc que le procédé de l’emprunt extérieur revêt une importance indéniable, notamment pour les pays en voie de développement, comme c’est le cas de la RD Congo, dont les moyens sont limités et les besoins immenses. D’ailleurs, c’est cette importance assurée par ce procédé d’emprunt public qui a conduit la RD Congo, à l’instar des autres États, à édicter les règles juridiques applicables aux opérations d’emprunt public effectuées par la RD Congo.

En RD Congo, ces mesures sont contenues, notamment dans les dispositions de la Constitution congolaise spécialement en son article 122, alinéa11, dans la loi financière n°83-003 du 23 février 1983 telle que modifiée et complétée par l’Ordonnance-loi n°87-004 du 10 janvier 1987, loi n°11/011 du 13 juillet 2011 relative aux finances publiques, le Décret n°09-61 du 03 décembre 2009 portant création et organisation de la Direction Générale de la Dette Publique (DGDP), etc.

Il s’agit pour l’essentiel, des règles qui fixent les orientations globales en matière d’emprunt public, la procédure de souscription des emprunts publics, le taux d’intérêt maximum à consentir, la destination  des fonds issus des emprunts, etc.

C’est dans cette perspective que la loi n°11/011 du 13 juillet 2011 relative aux finances publiques dispose en son article 15 que : "Le pouvoir central, la province et l’entité territoriale décentralisée prévoient et exécutent leurs budgets en équilibrant leurs charges courantes par des ressources internes, à l’exclusion du produit des emprunts intérieurs, des dons et legs intérieurs, du remboursement des prêts et avances, et, le cas échéant, des subventions affectées à des projets ou activités spécifiques, mais y compris les ressources extérieures de dons et legs courants. Ils ne peuvent emprunter, chaque année, une somme supérieure au montant de leurs investissements. Ils ne peuvent emprunter qu’auprès des institutions nationales financières non bancaires. Aucun emprunt ne peut être souscrit en devise, ni directement, ni indirectement, à l’exception, le cas échéant, de ceux souscrits par le pouvoir central pour lui-même ou pour la province ou l’entité territoriale décentralisée"[7].

Toutefois, il convient de noter que, conformément à l’article 234 de cette loi sus-évoquée, il ressort que la nouvelle loi sur les finances publiques de 2011 ne sera d’application effective qu’après huit ans, c’est-à-dire en janvier 2019. En effet, cette disposition précise que la loi n°11/011 du 13 juillet 2011 relative aux finances publiques ne pourra entrer en vigueur dans l’intégralité de ses dispositions qu’au premier janvier de la huitième année suivant celle de sa promulgation, date à laquelle toutes les dispositions contraires seront abrogées sauf pour les articles énumérés à l’article 232 de ladite loi.

De son côté, l’article 232 de la loi n°11/011 du 13 juillet 2011 relative aux finances publiques ajoute que les dispositions des articles 32 à 37, 74, 75, 145 à 150 relatifs à la détermination des ressources et des charges budgétaires et des ressources et des charges de trésorerie, des articles 83 et 84 et 182 à 185 relatifs au dépôt des lois de finances, des édits budgétaires et décisions budgétaires, des articles 186, 227, 228 relatifs à l’intégration de différends budgétaires, des articles 218 à 222 et 225 à 226 relatifs à la répartition des recettes aux provinces, aux entités territoriales décentralisées et à la caisse nationale de péréquation et des articles 110 et 209 relatifs à la gestion de la trésorerie sont d’application immédiate.

Il s’ensuit donc que l’article 15 de la nouvelle loi sur les finances publiques déterminant les modalités de souscriptions des emprunts publics n’est pas d’application immédiate en RD Congo puisqu’il ne figure pas à l’article 232. Ce qui implique que la question relative à la souscription des emprunts publics en RD Congo demeure régie jusqu’à ce jour par la loi financière n°83-003 du 23 février 1983 telle que modifiée et complétée par l’Ordonnance-loi n°87-004 du 10 janvier 1987.

À ce sujet, il sied de noter que l’article 9 de la loi de 1983 telle que modifiée et complétée par l’Ordonnance-loi n°87-004 du 10 janvier 1987 dispose que les opérations financières de l’État, sous forme notamment d’emprunts, de prêts, de garanties, de subventions ou prises de participations, ne peuvent être conclues que si une loi les autorise et sur avis préalable du Commissaire d’État aux Finances et Budget. L’alinéa 3 de ce même article précise que les entités administratives décentralisées ne sont autorisées à emprunter ou à prendre de participations que sur le marché financier local et uniquement pour financer des projets d’investissement approuvés par le Commissaire d’État à l’administration du territoire.

À ce propos, il faut noter que l’emprunt extérieur n’est justifié que pour financer les dépenses d’investissement. C’est-à-dire des dépenses qui augmentent la capacité productive de l’économie et assure leur financement ultérieur. Il en est ainsi de la construction d’une route, d’un barrage, etc. Autrement dit, les fonds résultant de l’emprunt extérieur doivent être contractés pour soutenir le processus de la croissance économique, ce qui nécessite une affectation rationnelle de ces fonds à des investissements productifs.

Dès lors, si les fonds issus des emprunts extérieurs sont affectés ou engloutis dans des projets qui ne génèrent pas des surplus à affecter au service de la dette, il va de soi que ce mode d’affectation de ces fonds conduit à des conséquences désastreuses.

Pourtant, à la lecture de l’alinéa 1 de l’article 9 de la loi financière n°83-003 du 23 février 1983 telle que modifiée et complétée par l’Ordonnance-loi n°87-004 du 10 janvier 1987, il se dégage clairement que le législateur congolais n’oblige pas les souscripteurs des emprunts publics en faveur de la RD Congo de contracter uniquement des emprunts pour financer des projets d’investissement, comme c’est le cas pour les emprunts que peuvent contracter les entités administratives décentralisées.

Par conséquent, la plupart des fonds résultant des emprunts extérieurs contractés par les dirigeants congolais au fil des années ont été engloutis dans des projets à rentabilité aléatoire, nulle ou négative, dans des éléphants blancs, des projets pharaoniques, mieux des projets incapables de générer un surplus affectable au service de la dette publique[8].

D’autre part, une bonne partie de ces fonds aurait été emportée par des dirigeants congolais. Conséquence inévitable, l’État congolais est resté incapable, non seulement de rembourser sa dette publique, mais aussi d’améliorer sa structure financière.

Dès lors, la mise en œuvre de l’alinéa 1 de l’article 9 de la financière n°83-003 du 23 février 1983 telle que modifiée et complétée par l’Ordonnance-loi n°87-004 du 10 janvier 1987 face au problème de l’endettement et de la gestion de la dette publique de la RD Congo pose problème.

La mise en œuvre des dispositions de la loi financière de 1983 telle que modifiée et complétée par l’Ordonnance-loi n°87-004 du 10 janvier 1987 et spécialement en son article 9 alinéa 1, provoquerait de nombreuses conséquences notamment en matière de soutenabilité de la dette extérieure de la RD Congo et permettrait aux autorités congolaises de contracter des emprunts extérieurs qui, loin de soutenir le processus de développement économique du pays, et partant, la réalisation des droits économiques, sociaux et culturels des Congolais, conduiraient le pays dans une crise indescriptible notamment sur le plan  économique, politique et social.

La procédure de souscription des emprunts extérieurs prévue dans la nouvelle loi sur les finances publiques, bien qu’empêchant les pouvoirs publics de souscrire des emprunts publics auprès des institutions financières internationales, ne serait pas adaptée à la situation de la structure financière de l’économie congolaise.

D’ailleurs, c’est l'inadaptation de cette nouvelle loi financière aux réalités de l’économie congolaise, notamment l’insuffisance des institutions nationales financières non bancaires auprès desquelles les pouvoirs publics devraient solliciter des emprunts, qui aurait conduit le législateur de la nouvelle loi relative aux finances publiques à ne pas ordonner l’application immédiate de l’article 15 de la loi n°11/011 du 13 juillet 2011 relative aux finances publiques.

 

 



[1] NTUMBA-LUABA LUMU, Droit constitutionnel général. Kinshasa, CERDI, 2006. P. 54.

[2]M. CHIMERHE, Syllabus d’introduction à la science politique, syllabus, U.0.B, 2006-2007, p.23, inédit.

[3]J-M. TSHINIMA KABONGO, Cours des Finances publiques, syllabus, G2 Droit, UOB, 2OO7-2008, p.34, inédit.

[4]J-M. TSHINIMA KABONGO, Op. cit., p.29.

[5]J-M. TSHINEMA KABONGO, Op.cit., p.43, inédit.

[6]G. NAKAS, Le recours à l’emprunt extérieur dans le processus du développement des États du tiers-monde, Paris, P.U.F, 2004. P. 123.

[7]Article 15 de la loi n°11/011 du 13 juillet 2011 relative aux finances publiques in J.O, 52ème année, numéro spécial, 25 juillet 2011.

[8]A. ZACHARIE, La dette extérieure et le financement du développement de la RD Congo ; défis et perspectives pour le nouveau gouvernement démocratiquement élu. Bruxelles, CNCD, 2007. P. 5.

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