Wednesday, 29 November 2017 15:12

Compte-rendu d'un colloque en hommage à Monseigneur Alexis KAGAME

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Compte-rendu du colloque hommage à Monseigneur Alexis KAGAME

Par Elea FIORONI

Le colloque hommage à Monseigneur Alexis Kagame (1912-1981) organisé à Mons en Belgique le 13 mai 2017 par l’Institut Africain de Formation et de Recherche Georges-Henri Lévesque (IAFR-GHL) a eu un grand succès mondial. Grâce aux nouvelles technologies de l’information et de la communication, il a été diffusé en direct aux différents coins du globe. Cela a été rendu possible grâce aux responsables de TELUQ (Télé Université du Québec) en particulier le Pr Michel UMBRIACO, et à Monsieur Sabass MUTABARUKA RUGWIZA, possédant une entreprise d’informatique en Belgique.

Le colloque a donc pu être diffusé en direct à Kabgayi, à Butare, à Byumba et à Ruhengeri au Rwanda, à Montréal et à Québec au Canada, à Miami aux USA, à Koweït City au Koweit, à Jakarta en Indonésie, ainsi que dans d’autres pays grâce à un lien mis à disposition des différents membres et personnes souhaitant suivre la journée. De plus, ce colloque a fait également l’objet d’une émission par la BBC diffusée le 20 mai dans la célèbre émission populaire Imvo n’Imvano (le fond du problème) co-animée par Prudence NSENGIYUMVA qui a suivi le colloque sur place à Mons et Félin GAKWAYA qui était dans les studios de la radio britannique à Londres.

Déroulement du colloque 

Mots d’introduction

C’est le président de l’institut, Dr Léonard NDUWAYO, qui a introduit le colloque ; il s’agissait là principalement d’une introduction afin de faire connaître l’institut aux personnes qui le découvraient pour la première fois, mais par là également de faire découvrir les buts et objectifs poursuivis par l’institut. C’est notamment dans cette optique qu’il a tenu à mentionner le projet futur de centre d’archives au Rwanda, dont le nom pourrait être “Centre d’archives Alexis KAGAME”. Monsieur Evode TWAGIRAYEZU a ensuite pris la parole afin de souhaiter la bienvenue aux invités. La dernière intervenante de cette partie était Madame Joëlle KAPOMPOLE, députée wallonne représentante de la ville de Mons. Cette dernière se trouve être la fille du premier ingénieur civil électricien rwandais ayant été naturalisé congolais, Barthélémy BISENGIMANA RWEMA, mais était présente en tant que marraine du colloque. Par ailleurs, elle a tenu un discours de bienvenue dans lequel elle mettait en avant l’importance de la recherche et de l’échange entre les cultures. De plus, elle continuera à collaborer avec l’institut dans le domaine de l’éducation. Cette séance introductive s’est clôturée par la déclamation d’un texte par Eléa FIORONI, une stagiaire de l’IAFR-GHL. Le texte choisi était "Lettre d'Alexis KAGAME au ministre concernant sa promotion au titre de "Chevalier de l'Ordre Royal du Lion"”.

Première session

La première session s’est organisée autour de trois intervenants : le Père Frédéric RUBWEJANGA, le Dr Vincent TROVATO et l’ambassadeur Ildephonse MUNYESHYAKA.

Le premier intervenant était donc le Père Frédéric RUBWEJANGA ; ordonné prêtre en 1959 au Rwanda, il est également évêque émérite du diocèse de Kibungo et réside désormais à l’abbaye Notre-Dame de Scourmont à Chimay en Belgique. Il a connu Alexis KAGAME et est un des premiers 23 universitaires rwandais à avoir travaillé avec lui ; il a notamment rédigé un article en son hommage (RUBWEJANGA F., "Alexis KAGAME, l’homme", Éducation, Science et Culture, juin 1988, n° 20, numéro spécial : Alexis KAGAME : l’homme et son œuvre, Actes du colloque international à Kigali, du 26 novembre au 2 décembre 1987).

Le second intervenant était le Dr Vincent TROVATO, maître de conférences à l’université de Mons et collègue du Prof. Evode. Docteur en Sciences comparatives des religions et en Sciences de l'Éducation, il enseigne la philosophie. Les idées d’Alexis KAGAME ne se sont pas limitées uniquement au Rwanda mais ont traversé les frontières. Certains chercheurs se sont donc intéressés à ses écrits et ont remarqué que ces lettres pouvaient aller au-delà de son terroir ;  c’est dans cette optique que le Dr TROVATO intervient. Il explique donc le processus par lequel il est passé lorsque le professeur Evode l’a invité à présenter un texte lors du colloque. N’étant pas rwandais, il a donc découvert Alexis KAGAME à ce moment, et par là également ses écrits.

La troisième intervention de cette session était programmée pour le Dr BWANGA wa MBENGA , cependant ce dernier n’étant pas présent, une autre personne est intervenue, il s’agissait de l’ambassadeur Ildephonse MUNYESHYAKA. Ce dernier ayant eu l’occasion de connaître Alexis  KAGAME, il était avec KAGAME dans ses dernières heures de vie ; il raconte alors une période de sa vie durant laquelle il a connu et fréquenté KAGAME.

Ces trois interventions sont liées car elles témoignent de la vie qu’a menée Monseigneur Alexis KAGAME. Finalement, cette première session s’achève alors avec la déclamation de texte par Marita UENTEN, première professeure lors de la création de l’université au Rwanda, qui a choisi de présenter “Alexis KAGAME se fait le porte-parole de la masse populaire pour parler à l’autorité onusienne en quête de la paix”. S’en est suivie une pause-déjeuner durant laquelle toutes les personnes invitées se sont alors réunies au restaurant de l’hôtel ; ceci a été une période durant laquelle chacun a pu échanger avec l’autre, pour moi l’occasion de rencontrer deux anciennes professeures ayant été les premières lors de la création de l’université au Rwanda, mais également de rencontrer des journalistes et spécialistes du Rwanda.

Deuxième session

La seconde session s’est ouverte avec le Dr Claudine VIDAL, directrice de recherche émérite au CNRS et membre du Centre d’études africaines (EHESS). Son exposé se structure autour de deux facettes de KAGAME : historien et généalogiste. En effet, le côté généalogiste n’est pas toujours mis en avant. Par son exposé, elle souhaite montrer comment la recherche généalogiste de KAGAME a été, pour la recherche historique sur le Rwanda précolonial, absolument fondamentale. Dès ses premiers écrits en français, il peut être considéré comme généalogiste, il fait état de ses connaissances ésotériques par le biais des rituels dynastiques ; c’est cette facette qu’elle expose donc ici.

Les deux interventions suivantes devaient être pour le Dr Anthère NZABATSINDA (USA) et le Pr Josias SEMUJANGA (Canada) ; cependant, étant absents, ce sont deux autres intervenants qui ont alors pris place : Monsieur Damien MUHAMYANKAKA BAMBANZA, sociologue et Monsieur Jean MUKIMBIRI, docteur en philosophie et lettres. Un problème est survenu à ce stade ; en effet, l’intervention du sociologue s’étant quelque peu éloignée du sujet du colloque, les interventions du public ont également fini par dériver, il a donc été nécessaire aux modérateurs d’intervenir afin de rappeler l’objet même du colloque, c’est-à-dire l’hommage à Alexis KAGAME. Jean MUKIMBIRI a parlé d’Alexis KAGAME l’humoriste qu’il a connu pendant son exil au Burundi. Il a rappelé également les nombreux articles et ouvrages écrits par lui avec humour tout en mentionnant au passage son refus de s’exiler pour ne pas s’éloigner de son pays natal où il menait des recherches.

Cette deuxième session se clôture par la déclamation du dernier texte par Philomène, il s’agit du texte : “Indyoheshabirayi” ou en français “Le relève-goût des pommes de terre”, déclamé en kinyarwanda.

Troisième session

La troisième session s’est déroulée de façon tout à fait différente à ce qui était prévu. En effet, Mme Assumpta MUGIRANEZA qui devait venir du Rwanda et le représentant des archives nationales du Québec n’étant pas présents, il a été procédé à quelques changements. Le représentant des archives du Québec était en visio-conférence, tandis qu’un invité surprise a pris la place d’Assumpta. Dès lors nous avons inauguré la troisième session par ce dernier, il s’agissait de Koen PEETERS. Koen PEETERS est un écrivain belge néerlandophone. C’est Marita UENTEN, membre de l’institut, qui a pris contact avec lui via son éditeur ; en effet, ayant écrit un roman sur le Rwanda paru en 2012 dans lequel il mentionnait tout un passage dans lequel le personnage est en relation avec KAGAME, il semblait pertinent de l’inviter. De ce fait, il était présent en tant qu’invité et non en tant que conférencier ; cependant, étant donné la nature de ses écrits et l’absence des autres conférenciers, il a été invité à prononcer quelques mots. Il a donc présenté son processus de travail, la façon dont il était arrivé à glaner les différentes informations notamment en présentant certaines personnes avec lesquelles il s’était entretenu pour la rédaction de son roman : parmi ces personnes, des Rwandais et des personnalités importantes de l’histoire du Rwanda.

Les seconds intervenants étaient donc en visio-conférence et étaient les représentants des archives à la bibliothèque et Archives nationales du Québec. Ceux-ci ont avant tout présenté certains de leurs projets ainsi que les techniques de conservation des archives propres aux archives d’Alexis KAGAME au Rwanda.

Enfin, la dernière intervenante était le Dr Chantal GISHOMA, professeur et Docteur en littérature africaine, ayant réalisé sa thèse sur la littérature d’Alexis KAGAME ; elle proposait ici un exposé intitulé : "Alexis KAGAME, parcours d’un poète et historien pédagogue". Elle met l’accent principalement sur la facette de pédagogue de KAGAME dans ses écrits : consciemment, il se préoccupe de ce qu’il dit, de comment le dire et de sa réception. Ceci fait de lui un poète pédagogique. Pour susciter l’intérêt, son souci de maintenir le contact avec son lecteur se traduit par le soin qu’il apporte à la préface et aux notes explicatives.

Après chaque session, le modérateur prenait alors une quinzaine de minutes afin de faire intervenir le public et que celui-ci pose ses questions. Le public s’est avéré particulièrement enthousiaste et intéressé ; ce qui s’est traduit par un grand nombre de questions. Ceux qui suivaient le colloque en ligne par skype ou sur facebook ont pu également poser des questions.

Clôture

Le colloque s’est donc clôturé sur un discours du président de l’IAFR-GHL remerciant les différents membres et les différents comités ; mais surtout, en rappelant le projet futur concernant les archives d’Alexis KAGAME au Rwanda. Un verre de l’amitié était offert à chacun, ce qui a suscité les rencontres et échanges entre les différents invités et a également permis de discuter d’autres projets futurs.

 

Extrait du rapport de stage de Eléa FIORONI, stagiaire de l’IAFR-GHL

Lu 2083 fois Dernière modification Thursday, 19 July 2018 15:00
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