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  • La liberté intérieure comme fruit du discernement spirituel. Tentative d’un portrait spirituel du serviteur de Dieu Mgr Christophe MUNZIHIRWA, archevêque de Bukavu (1926-1996) 

    Thèse doctorale soutenue par le Révérend Père  Rigobert KYUNGU SJ, le 30 juin 2020, à l'Université Grégorienne de Rome.

    Un évènement joyeux après celui des ordinations presbytérale et diaconale des Pères Eric KAMBALE et Stanislas KAMBASHI, le samedi 27 juin 2020.

    L’auditoire ne devant contenir qu’un nombre réduit de participants suite aux restrictions liées à la crise sanitaire en cours, ladite soutenance s’est faite en mode semi publique. Néanmoins, la retransmission en direct sur YouTube a contribué à élargir l’audience.

    De quoi a-t-il été question dans cette thèse discutée en vue de l’obtention du titre de docteur en théologie spirituelle ? La recherche a porté sur la figure du serviteur de Dieu Mgr Christophe MUNZIHIRWA SJ, mort martyrisé le 29 octobre 1996 à Bukavu, et dont la cause de béatification avance à grands pas.

     

    Pour s’engager dans cette "aventure", l’auteur de la thèse a été motivé entre autres par le témoignage de vie de l’ancien archevêque de Bukavu. Ce dernier, à travers son engagement aussi bien sociopolitique que pastoral, a laissé des traces qui méritent d’être mises en évidence. Une autre motivation est le discernement spirituel qui caractérisait ce serviteur de Dieu. C’était, souligne le Père KYUNGU, un homme dont le discernement spirituel était au cœur de ses actions dans sa vie d’africain, de prêtre jésuite et d’évêque.

    La thèse porte le titre de "La liberté intérieure comme fruit du discernement spirituel. Tentative d’un portrait spirituel du serviteur de Dieu Mgr Christophe MUNZIHIRWA, archevêque de Bukavu (1926-1996)". Elle s’articule sur six grands chapitres. Dans un premier moment, l’auteur décrit la région des Grands-Lacs dans laquelle est né et a œuvré Mgr MUNZIHIRWA. Une description qui prend en compte la période trouble du génocide au Rwanda en 1994, mais aussi la guerre au Congo en 1996, dite la guerre de libération, ayant occasionné la chute du Maréchal MOBUTU, après 32 ans de règne.

    En second lieu, l’auteur dresse une biographie de l’ancien archevêque de Bukavu, depuis sa naissance à Burhale dans le Bushi, jusqu’à son ordination épiscopale inclusivement. Cette biographie se veut suffisamment fouillée, dans le but de contribuer à l’avancement du procès de béatification du serviteur de Dieu.  Le troisième chapitre couvre le ministère épiscopal du prélat à Kasongo où il est resté 8 ans. L’auteur a voulu mettre en exergue ces années qui sont souvent oubliées dans beaucoup de biographies. Le quatrième chapitre développe l’étape de Bukavu où Mgr MUNZIHIRWA a exercé son ministère épiscopal de manière très intense pendant deux ans, dans le contexte de guerre et ce, jusqu’à son martyre. Ici, l’auteur discute aussi la question du martyre " in odium fidei ". 

    D’autre part, la dissertation comprend une partie analytique qui scrute la figure de Mgr MUNZIHIRWA à partir de son enracinement dans la culture africaine, entre autres. Ainsi, le cinquième chapitre analyse-t-il 55 proverbes utilisés par Mgr MUNZIHIRWA, en les insérant dans les genres poétiques de la littérature orale africaine.  Pour notre auteur, Mgr MUNZIHIRWA a montré que l’Afrique est riche et que ses richesses culturelles ne peuvent être balayées ni abandonnées comme si elles n’étaient pas importantes. L’attachement à sa culture a aidé Mgr MUNZIHIRWA à intérioriser, ou mieux, inculturer non seulement l’évangile, mais aussi la spiritualité ignatienne au point de faire de lui un homme à la fois "entièrement africain et entièrement jésuite". L’auteur démontre donc que la culture africaine et la spiritualité ignatienne convergent harmonieusement dans la personne de Mgr MUNZIHIRWA. Enfin, au sixième chapitre, le discernement apparaît comme un thème clé dans la discussion, puisque, selon l’auteur, il constitue un outil efficace utilisé par le serviteur de Dieu tout au long de sa vie, générant en lui une vraie liberté intérieure. La thèse chute en dépeignant le profil spirituel de Mgr MUNZIHIRWA, affirmant que sa spiritualité se fonde sur la prière et l’Eucharistie, la dévotion mariale, l’engagement pour la paix et la justice, la pauvreté évangélique, la croix du Christ, le discernement spirituel, la liberté intérieure, l’inculturation et enfin le sens de l’Eglise.

    Au terme de la présentation par le récipiendaire des résultats de sa recherche, un dialogue s’est engagé avec le jury pour expliquer davantage et tirer au clair tous les hémisphères de ce travail scientifique. Après délibération, le jury a salué la rigueur et la qualité du travail accompli. Dans le respect des normes de la Grégorienne, le jury n’a pas immédiatement rendu public son verdict ; il appartient aux services du secrétariat de l’Université de le communiquer au récipiendaire par les voies ordinaires. Le père KYUNGU recevra donc le titre de docteur après la publication partielle ou totale de sa thèse. Profitiat !

    Pour célébrer la joie de cet évènement, les Jésuites présents à la cérémonie ainsi que d’autres invités se sont retrouvés dans la communauté du Gesù où un verre d’amitié a été partagé.

    En outre, pour joindre l’utile à l’agréable, un partage de repas a été organisé le mercredi 1er juillet 2020 dans un restaurant de la place pour célébrer avec quelques invités les trois évènements joyeux de l’ACE-Rome : thèse, ordinations presbytérale et diaconale.

    C’est par ces événements heureux que s’achève l’année académique. Se pliant aux aléas du transport aérien dans les circonstances actuelles, les uns attendent de s’envoler sous d’autres cieux, alors que d’autres ont décidé de passer l’été en Italie ou en Europe. Désormais l’ACE-Rome a un nouveau coordinateur pour l’année académique 2020-2021 en la personne de Camille MUKOSO à qui nous souhaitons beaucoup de succès dans ce service.

    Jean-Paul KAMBA, SJ

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    Vingtième anniversaire de l'assassinant de
    Mgr Christophe MUNZIHIRWA MWENE NGABO 
    (01/01/1926-29/10/1996) 

    Par Jean NYEMBO, sj
    Commission Foi et Promotion de la Justice

    Bien chers amis dans le Seigneur,

    Paix à vous !

    Nous célébrons aujourd'hui, 29 octobre 2016, le vingtième anniversaire de l'assassinat de notre frère, pasteur de l'Eglise de Bukavu, Mgr Christophe MUNZIHIRWA MWENE NGABO. Mzee, comme nous l'appelions respectueusement et affectueusement, est mort sur le champ de batailles, la croix à la main comme seule arme qu'il possédait.

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  • Saint Nicolas et Père Fouettard : qui sont-ils ?
    Et quel est leur impact sur les enfants belgo-africains ?

     

    Par Mireille-Tsheusi ROBERT
    BAMKO asbl
     

    Connaissez-vous le "Sauvage d'Ath "? Le "Diable Magnon" ? Ou les "Basoulous de Basècles" ? Vous n'avez sûrement jamais entendu parler de ces sauvages hainuyers si vous n'êtes pas originaire de cette région. Peut-être connaîtrez-vous mieux les Noirauds bruxellois ou le Zwarte Piet anversois ? Dans l'espace francophone, Zwarte Piet, littéralement Pierrot-Le-Noir, est appelé Père Fouettard, le joyeux mais répressif compagnon de Saint Nicolas. Ces figures folkloriques souvent enchaînées, parfois affublées de cornes, dansant, chantant et vociférant à l'encontre des badauds lors du carnaval de la "Ducasse", de la fête de Saint Nicolas ou lors de la procession des Noirauds ont toutes un point commun : le maquillage en noir du visage ou le "blackface".

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  • CPI. Les doutes du procès BEMBA
    Y a-t-il vraiment eu crimes contre l’humanité à Bangui 
    en 2002 et 2003 ?

    Par WINA LOKONDO
    Historien, journaliste indépendant

     Le 24 mai 2008, Jean-Pierre BEMBA, sénateur et ancien Vice-président de la RD Congo de 2003 à 2006, est arrêté en début de soirée dans sa résidence de Rhode-Saint-Genèse, un quartier périphérique de Bruxelles, en exécution du mandat d’arrêt international lancé contre lui par le procureur près la Cour Pénale Internationale. Il sera transféré, après neuf jours de détention dans la capitale belge, à la prison de la CPI de Scheveningen, un faubourg de La Haye. Il y est, à ce jour.

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  • Analyse des enjeux de l’appartenance multiple de la RD Congo
    aux organisations internationales africaines

     

    Par       Adolphe AMANI BYENDA[1]
    Germain NGOIE TSHIBAMBE[2]

     

    Résumé : Depuis la fin de la première et de la deuxième guerre mondiale, les organisations internationales jouent  un rôle très important dans les différents secteurs de la vie à cause de leur efficacité de réponse rapide aux problèmes urgents des États. À cet égard, il s’avère, sur base de nos résultats, que l’appartenance des États à plusieurs organisations notamment sous-régionales, régionales ou intercontinentales constitue un avantage  tant sur le plan politique, économique que sécuritaire. Le présent article se fixe comme objectif, l’analyse des enjeux de l’appartenance multiple de la RD Congo aux organisations internationales africaines. À partir de cette recherche, nous comprenons que les facteurs géographique, historique, sécuritaire, économique, politique et culturel,… sont autant d'éléments qui justifient l’appartenance multiple de la RD Congo aux organisations internationales africaines.  

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  • MENDE, KAMBILA et les sanctions impériales

     

    Par MBELU BABANYA KABUDI

    Les sanctions prises par les USA et l'UE à l'endroit de certains membres de ''la kabilie'' ont suscité quelques réactions en son sein. L'ex-porte-parole du gouvernement démissionnaire  de MATATA PONYO, Lambert MENDE, fort de ses études de droit, les a sévèrement critiquées ce lundi 12 décembre 2016. Voici ce qu'il dit :

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    Cosmos EGLO, Du sang sur le miroir. Paris, L'Harmattan, 2012. 200 pages.

    Par Eddy VAN SEVENANT

    Ames sensibles s'abstenir ! De la première à la dernière page, c'est un déferlement de violences et des bains de sang toujours renouvelés que l'auteur nous propose ici afin d'illustrer la situation déplorable de certains pays africains post-coloniaux, livrés à toutes les turpitudes de leurs "élites", sanguinaires à souhait et soutenues à bout de bras par des puissances extérieures (dans le cas présent la France et les USA) qui y trouvent l'opportunité de garder la main sur le pays tout en n'y étant plus officiellement présentes.

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    Par Modeste WASSO

    Griet BROSENS, Du Congo à l’Yser. 32 soldats congolais dans l’armée belge durant la Première Guerre mondiale. Traduit du néerlandais (Belgique) par Charles FRANKEN. Waterloo, éditions Luc Pire (www.editionslucpire.be), 2016. 271 pages. 24,90 €

    Voici un livre qui ouvre une page de l’histoire commune à la Belgique et au Congo des années  1914-1918. "Du Congo à l’Yser"  relate  l’histoire, longtemps occultée, des Congolais arrivés en Belgique, à la fin du 19ème siècle (les premières arrivées datent de 1885) en tant que militaires et qui ont combattu sous le drapeau belge pendant la première guerre mondiale, 1914-1918.

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  • Par Eddy VAN SEVENANT

    Collectif, État des résistances dans le Sud : Afrique. Alternatives Sud (Revue trimestrielle). Volume 23-2016/4. Centre Tricontinental  (Louvain-la-Neuve) et Éditions Syllepse (Paris) – 215 pages. 13 €

    Cet ouvrage fait partie d'une série qui fait le point régulièrement sur les oppositions politiques, féministes, paysannes, etc. aux régimes en place dans différents pays du Sud, principalement d'ailleurs sur le continent africain.

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  • Groupes armés et problématique de développement
    du territoire de Fizi (RD Congo)


    par BAWILI LUKELE Tango
    département des Sciences Politiques et Administratives 
    Université Officielle de Bukavu
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    Résumé : Par leurs actions, les groupes armés ont influé et influent négativement sur le développement de ce territoire ; ils y créent une instabilité permanente depuis de longues années. Cette instabilité entraîne des conséquences désastreuses notamment sur les plans politique, administratif, sécuritaire, économique, etc. Cet état des choses empêche les pouvoirs publics et les populations locales d'exploiter les multiples potentialités naturelles en vue de booster son développement. Ceci explique dans une certaine mesure le sous-développement de ce territoire. De ce fait, il importe que l’État se réveille, rétablisse la paix et suscite le développement de ce territoire en impliquant les populations locales.

    Introduction    

    Depuis plus d’une décennie, l’est de la RD Congo est en proie à une instabilité sécuritaire dont les causes sont à la fois internes et externes. L’ampleur et les effets de cette situation sont différemment vécus d’une province à une autre. Au Sud-Kivu, l’émergence et la résurgence des groupes armés entraînent une instabilité sécuritaire qui, par conséquent, étouffe les actions du développement. 

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Friday, 21 October 2016 15:58

L'ONG Eco-Bénin, pionnière du tourisme écologique et solidaire au Bénin

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L’ONG Eco-Bénin, pionnière du tourisme écologique et solidaire au Bénin développe ses activités comme un entrepreneur innovateur

par Catherine PIRET

Bruxelles 2016

Créée en 1999 par Gautier AMOUSSOU, ingénieur agronome de l'université de Cotonou, Eco-Bénin (www.ecobenin.org) est une organisation non gouvernementale béninoise qui assure la promotion du développement humain au niveau local et national à travers l'aménagement et la valorisation des ressources naturelles et culturelles du pays.

Cette activité de tourisme solidaire et écologique lui permet de créer de la valeur ajoutée pour les villageois soit dans des régions où les revenus traditionnellement liés à la pêche, à l’agriculture ou à l’élevage sont insuffisants, soit dans des localités disposant d’un patrimoine naturel et culturel menacé de disparition ou mal exploité.

Pour Eco-Bénin, pionnière du tourisme écologique et solidaire en Afrique de l’Ouest, l’activité doit être gérée par les communautés hôtes, générer des revenus durables et combattre ainsi l’exode rural. Pour les villageois, l’activité, complémentaire à leur métier, doit améliorer leur niveau de vie, sans pour autant les rendre dépendants d’une source unique et non permanente d’enrichissement.

L’équipe d’Eco-Bénin, forte d’une dizaine de professionnels béninois, femmes et hommes aux profils variés, accompagne sur divers sites la mise en place des services touristiques simples tels que le logement chez l’habitant, la restauration à base de produits locaux, le guidage, la valorisation de diverses formes d’artisanat comme la poterie, la vannerie, le tissage de nattes…, l’organisation d’animations…

Coaching

L’ONG a ainsi "coaché" la réalisation d’un réseau d'une quinzaine de sites d'écotourisme communautaire du Sud au Nord du Bénin : Possotomé, Kpétou, Adounko et Togbin, Koko, Tanéka-Béri, Koussoukoingou, Tanongou, Alfakoara, Karimama, Avlo…accueillent aujourd’hui des dizaines, voire des centaines ou des milliers de visiteurs, avec toute l’organisation et l’équipement nécessaires.

Eco-Bénin organise des circuits responsables et durables qui mettent l’accent sur les rencontres entre les villageois et les voyageurs et favorisent les découvertes culturelles, dans une optique gagnant/gagnant : Aventure Peulh, Escapade au lac Ahémé, Ecotour avec visite du parc de la Pendjari, Envoûtement béninois, Trekking en pays Otammari, Séjour vaudou, Au fil de l’eau, en sont quelques exemples. Elle propose aussi des stages de fin d’études ainsi que des missions de volontariat.

Culture et nature

L’organisation béninoise contribue ainsi à la protection du patrimoine naturel et culturel du pays. Elle soutient la diversité culturelle en valorisant le vaudou, les musiques et les danses traditionnelles ou encore les Tata Somba, châteaux forts en banco des Bétamaribé, appelés à figurer parmi les sites du patrimoine mondial de l’Unesco…Elle participe par ailleurs à la préservation de la biodiversité.

Dans le Nord, l’ONG a lancé, avec le soutien de l’Agence Wallonne de l’Air et du Climat, des foyers améliorés érythréens qui réduisent la consommation de bois (lutte contre la déforestation) et évacuent les fumées (au bénéfice de la santé des femmes et des enfants). Dans le Sud, elle propose la restauration de la mangrove autour du lac Ahémé, grâce aux palétuviers qui favorisent la reproduction des poissons, la fixation des berges et la captation du CO2.

Son bilan écologique intègre aussi la replantation d’espèces endogènes (néré, karité…), le maintien des forêts sacrées, la promotion  des plantes mellifères, la création de clubs environnement, l’amélioration de la gestion des déchets, la préservation de la faune (singes Mona, hippopotames, …) et de la flore (phytothérapie)…

Chaque initiative de tourisme écologique et solidaire contribue donc à améliorer le niveau de vie des villageois et à maintenir leurs cultures et traditions. Elle vise aussi à préserver leur environnement (faune et flore) comme à lutter contre les changements climatiques et la désertification. Les volets ‘solidaire’ et ’écologique’ sont indissociables.

De l’étude de faisabilité…

Dans une première étape, Eco-Bénin étudie le potentiel et la faisabilité d’un projet de tourisme solidaire et écologique sur un site donné, sensibilise la population aux principes et à la planification d’une telle initiative et en cas d’accord signe une convention avec la collectivité locale. Tout se fait, dès le démarrage, en concertation avec les autorités locales (mairie, chef religieux et traditionnel, associations de femmes, etc.).

L’ONG instaure ensuite les structures locales de gestion des activités, recherche les partenaires financiers/techniques de même que les compétences bénévoles, assure le renforcement des capacités locales pour le développement de produits et de services écotouristiques et la mise en place ou la réhabilitation des infrastructures à base de matériaux locaux. La communauté locale est appelée à contribuer, dans la mesure du possible, à l’effort financier.

… à la fixation des prix

Enfin, Eco-Bénin participe à la fixation de prix équitables pour chacun des services écotouristiques, orchestre, avec l’aide de volontaires et d’experts volontaires, les tests, la certification, la remise de badges, le marketing, la promotion, le suivi, l’évaluation des services mis en place et l’appui-conseil pour le maintien de la qualité des prestations.

Eco-Bénin apporte des "outils" qui permettent aux populations de gagner de l’expérience sur les plans du tourisme et du leadership, entre autres. Eco-Bénin ne considère pas son action comme de l’assistanat, mais comme la stimulation de l’entreprenariat. Nombre de femmes formées aux différentes facettes de la restauration, par exemple, deviennent autant de micro-entrepreneurs dont l’exemple est suivi par d’autres.

Les retombées économiques sont redistribuées et réinvesties localement. Les bénéfices financiers sont répartis équitablement entre les acteurs : 45% pour le prestataire du service (guide, chauffeur, restauratrice, logeuses, couturière, lavandière, etc.), 25% pour un projet de développement communautaire (toilettes, puits, poubelles, panneaux solidaires…), 20% pour l’entretien de l’infrastructure et le maintien de l’activité, 10% pour les frais de fonctionnement de l’association locale qui gère les différents opérateurs. 

La chaîne de valeurs touristiques

Le tourisme écologique et solidaires bénéficie à l’ensemble du village et des segments de la chaîne de valeurs touristiques à savoir l’hébergement, le guidage et l’interprétation, la conservation durable du patrimoine, l’artisanat local, l’animation culturelle, la restauration locale ainsi que le maraîchage et la transformation alimentaire. Le coût de tout déplacement étant exorbitant, les agriculteurs et les pêcheurs trouvent un débouché local pour leurs produits, les apiculteurs produisent le miel des petits déjeuners, les femmes préparent la cuisine ou cuisent le pain, les artisans fabriquent le mobilier des hébergements touristiques...

L’impact du tourisme solidaire et écologique sur les populations n’est pas uniquement financier car il s’accompagne de projets complémentaires comme l’alphabétisation, la formation à la gestion, à l’organisation, à l’assainissement du territoire, le maraîchage, la préservation du patrimoine naturel et culturel. A l’avantage de toute la famille. Car on sait que la rémunération d’une seule personne bénéficie au moins à cinq autres.

Au contact des voyageurs, les habitants de villages parfois isolés découvrent de nouvelles activités comme la préparation de pain, la confiture, la protection de l’environnement, etc., et d’autres cultures. Certains décident d’apprendre quelques mots d’anglais pour communiquer autrement qu’avec leur dialecte. Ils sont aussi fiers d’accueillir des hôtes et de partager leurs valeurs et leur vie au quotidien.

Création entre copains

Dès 1999, des copains de l’université, agronomes et sociologues..., se rendent compte de la richesse de la nature et de la culture du Bénin, mais aussi de la pauvreté des villages reculés. Ils créent l’ONG Eco-Bénin pour répondre de manière concrète aux besoins locaux de développement. Le tourisme écologique et solidaire est le pilier soutenant le mieux-être économique, social et culturel des populations et la préservation de l’environnement et de la biodiversité.

Des exemples de défis : comment éduquer les habitants à ne plus couper le bois dont ils ont besoin dans les forêts sacrées où vivent notamment des singes Mona ? Comment préserver les éléphants, attraction-phare du Parc W (Nord du Bénin) alors qu’ils viennent piétiner les champs des cultivateurs installés dans les zones périphériques ?

Projet participatif

Tout projet de tourisme écologique et solidaire est décidé et mené par la population locale, en concertation avec l'ensemble des acteurs (autorités officielles et traditionnelles, regroupements professionnels, etc.). Le processus de développement d’un site exige du temps et de l’énergie, mais démarre généralement avec de petits montants.

Pas question pour Eco-Bénin d’agir à la place des locaux, comme si "tout tombait du ciel". Les villageois sont invités à prendre des initiatives et s’engagent à assurer une contrepartie proportionnelle à leurs gains futurs. Leur implication et leur motivation sont des éléments-moteurs d’une initiative responsable et durable. Le changement est ainsi volontaire et progressif, en équilibre entre la tradition et le progrès.

Les projets de tourisme écologique et solidaire sélectionnés débouchent sur le développement d’autres activités, au bénéfice de la population comme de l’environnement. On peut parler d’un effet boule de neige. La méthode est participative, stimulante, en constante évolution et basée sur les spécificités de la réalité de chaque village.

Appui aux femmes

Une attention particulière est portée à l’appui des femmes les plus défavorisées, notamment dans leurs initiatives communautaires. Des micro-crédits leur permettent d’acheter un arrosoir, des "banques" leur permettent de disposer de leurs revenus selon leurs besoins (santé, éducation, achat de semences ou d’animaux d’élevage, déplacements…), l’alphabétisation et des formations de base leur sont proposées.

Chaque année, une évaluation des retombées socio-économiques est réalisée et le bilan discuté au sein de l’association responsable de cette activité. Si le village le souhaite, les dispositions peuvent être modifiées, postposées, voire abandonnées, dans le respect des engagements du partenariat. Tout est entrepris pour faciliter le dialogue.

Certains apports professionnels, techniques ou financiers viennent de voyageurs bénévoles, déterminés à partager leurs compétences. De plus, les voyages écologiques et solidaires proposés par Eco-Bénin visent à favoriser les rencontres et les échanges entre le Sud et le Sud, mais aussi entre le Sud et le Nord. L’immersion culturelle et le partage du quotidien de ce tourisme alternatif participent à une ouverture des esprits vers la tolérance et la valorisation des différences.

Win-win

En bref, le tourisme solidaire et écologique pratiqué par Eco-Bénin s’avère multi-acteurs car impliquant les villageois, les autorités, la presse, les agences et tour-opérateurs, les voyageurs, les stagiaires, les volontaires… du Sud comme du Nord. Il vise tant à l’autonomie des populations qu’à la pérennité de leurs actions et se base sur des partenariats gagnant/gagnant.

La multiplication des initiatives de tourisme écologique et solidaire au Bénin d’abord, en Afrique de l’Ouest et sur le continent ensuite, fait partie des objectifs d’Eco-Bénin: l’ONG a appliqué sa méthodologie de développement sur une quinzaine de sites du pays et continue à promouvoir le modèle dans les pays voisins. Des modules de formation sont  élaborés, à décliner selon les besoins.

L’information et la communication font partie de son programme : les villageois qui se lancent dans l’activité visitent les sites plus expérimentés et des journées portes ouvertes sont organisées. Les représentants des télévisions, radios et journaux locaux et nationaux sont conviés à des présentations. Les autorités locales, régionales, nationales sont également sensibilisées.

En partenariat

Forte de quinze ans d’expériences, Eco-Bénin est contacté par des ONG internationales pour mettre en œuvre ses méthodes de travail sur les sites où celles-ci souhaitent intervenir. Des exemples : l’Organisation Néerlandaise de Développement (SNV), l’ONG Recherche et Coopération (RC), l’Union Mondiale pour la Conservation de la Nature (UICN), la Coopération Technique Allemande (GTZ), le Fonds Français pour l’Environnemental Mondial (FFEM)…

Pour entreprendre des actions de plus grande envergure sur le plan national comme international, Eco-Bénin a créé la Fédération Béninoise des Organisations du Tourisme Responsable et Solidaire. La FBO-TRS, avec une quinzaine de membres, vise le perfectionnement et la diversification de l’activité ainsi que le plaidoyer et le lobbying en synergie… La solidarité n’est pas un vain mot, elle prend le pas sur la concurrence !

De plus, l’ONG organise tous les deux ans la Caravane Solidaire Afrique de l’Ouest (4ème édition en novembre 2015) qui propose aux participants de découvrir une douzaine de sites de tourisme écologique et solidaire au Bénin, mais aussi au Togo et au Burkina-Faso. Ce "laboratoire nomade" permet à des acteurs touristiques du Sud comme du Nord d’échanger leurs points de vue sur les défis du terrain. La vidéo de l’événement est d’ailleurs disponible sur son site web et sur Youtube.

Eco-Bénin s’est constitué un important réseautage international tant professionnel que technique et financier. C’est pourquoi l’ONG adhère à Altervoyages (Belgique), Partenariat National pour l’Eau (PNE), Maison de la Société Civile (Bénin), Forum Biodiversité au Bénin, The International Ecotourism Society (TIES), Green Actors of West Africa (GAWA), Réseau Voyagez Solidaire, Community-Based Tourism network, Groupe des spécialistes d’hippopotame de l’IUCN (SSC/IUCN-USA)…

Un modèle évolutif

Ces réseaux jouent un rôle essentiel dans l’échange de connaissances et de compétences. Cette étape nécessite cependant un accès de tous les acteurs aux technologies nouvelles de communication. Dans le sillage de ses projets de tourisme écologique et solidaire, Eco-Bénin s’attelle au développement de cyber-cafés, à l’initiation à l’informatique comme à l’apprentissage de l’anglais.

Pour répondre à une demande croissante d’ONG sub-sahariennes, Eco-Bénin prévoit des ateliers de formation sur le terrain, ouverts à tous les professionnels africains du secteur. En parallèle, elle a entamé, avec le soutien de la Coopération Technique Belge, l’élaboration d’un processus de certification des projets béninois de tourisme écologique et solidaire, soit une assurance-qualité. Un exemple qui pourra être appliqué ailleurs aussi.

La mise en place de sites en d’autres points du continent est appelée à se poursuivre car le modèle, évolutif, d’Eco-Bénin a prouvé son efficacité. Les différences de langues ne sont pas insurmontables. Le succès dépendra de la motivation des intéressés, mais aussi des réalités locales tant économiques et politiques qu’environnementales, sociales, culturelles, religieuses et traditionnelles, dans une optique communautaire, de partenariat gagnant/gagnant, visant l’autonomie et la pérennité. Bref, dans un esprit… responsable et durable.

Lu 2529 fois Dernière modification Tuesday, 31 January 2017 13:58
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