Sunday, 20 December 2015 23:32

Angola, une nouvelle puissance émergente (II)

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L'Angola, une nouvelle puissance économique émergente en Afrique (II)

Pour lire la première partie de ce texte, cliquer sur ce lien.

III. L’Angola  avant-poste de la "Chinafrique"

Disons un mot sur la perception de l’Afrique en Chine(Chinafrique). Pour la Chine, l’Afrique est avant tout considérée comme une terre de matières premières et de ressources énergétiques où il convient de s’installer. Le continent n’est pas perçu comme une terre à coloniser, mais comme une terre d’opportunités, un peu comme l’Asie du Sud-Est il y a vingt ans. L’objectif premier est de pallier la forte demande d’énergie chinoise. Il s’agit également d’une conséquence directe du 11 septembre, puisqu’après les attentats, les autorités chinoises ont décidé de dépendre plus faiblement du Moyen-Orient pour leur approvisionnement énergétique, et de se tourner vers l’Afrique. Pékin est donc très intéressé par les plus gros producteurs de pétrole africains.

[1].

Luanda entretient une relation spéciale avec son principal client pétrolier, la Chine. En 2007, l'Angola a supplanté l'Arabie saoudite en devenant le premier fournisseur de pétrole de Pékin. De même, l'Angola est le premier partenaire commercial de la Chine en Afrique, avec 21 milliards de dollars d'échanges en 2008 et 25,3 milliards en 2009. Ancien "pays frère", la Chine exporte des biens de consommation et investit massivement dans la construction. À tel point que l'Angola, où résident désormais 80 000 Chinois, est considéré comme un avant-poste de la "Chinafrique". D'ailleurs, les anciennes puissances coloniales, en perte de vitesse sur le continent noir, prétendent que les rapports entre Pékin et Luanda seraient "strictement néocoloniaux".[2]

Mais l’intérêt politique n’est pas à négliger non plus. L’image de l’Afrique en Chine est plutôt celle d’un continent "ami", dans la mouvance du mouvement afro-asiatique. Ce sont des alliés dans les grandes instances internationales qu’il est important de cultiver. On peut citer la célèbre phrase de MAO, toujours d’actualité dans l’opinion : "Ce sont nos amis africains qui nous ont introduits à l’ONU en 1971". La Chine est devenue à l’ONU le champion des pays du tiers-monde.[3] La Chine voit aussi dans le continent africain un débouché pour écouler son armement qui constitue souvent une monnaie d’échange pour acheter des ressources.[4]Une partie du discours sur la Chinafrique s’appuie sur la croissance exponentielle des échanges commerciaux sinoafricains. En 2000, les exportations chinoises vers l’Afrique s’élevaient à 10 milliards de dollars ; huit ans après, le volume avait été multiplié par dix. La Chine est aussi devenue la seconde destination des exportations en provenance d’Afrique.[5]

Il existe principalement trois types d’acteurs de la Chinafrique avec des points de convergence mais également des motivations parfois différentes : celles des représentants des grandes entreprises publiques, celle des grands investisseurs de Hong Kong et de Macao et celle des commerçants et petits investisseurs. Dans le cas sous examen, c’est la première catégorie qui nous intéresse, celle des représentants des grandes entreprises publiques. – Depuis le sommet sino-africain qui s’est tenu à Pékin en 2006[6], le Gouvernement chinois a pris l’engagement d’envoyer des entreprises d’État pour participer à de grands projets d’infrastructures dans les pays africains, ce qui lui permet de s’assurer en échange des ressources énergétiques et minières. On trouve donc désormais en grand nombre sur le continent noir des représentants de grands groupes publics de construction (CCECC, CRBC, Sinohydro, CITIC Construction, etc.), mais aussi des groupes pétroliers et miniers (CNPC, Sinopec, CNFMIC)[7]

L’Afrique offre de gros débouchés aux firmes de construction chinoises, le marché intérieur chinois n’étant plus aussi dynamique que dans les années 90. Ces entreprises s’implantent en Afrique par le biais de deux pratiques fort différentes : d’une part en remportant des appels d’offres internationaux, comme ceux de la Banque mondiale, et d’autre part par le biais de contrats financés par l’Eximbank. Il est à noter que les prix pratiqués au kilomètre sont bien souvent supérieurs dans le cadre des contrats financés par l’Eximbank par rapport à ceux pratiqués dans le cadre des appels d’offres internationaux.

Les émissaires de ces grandes entreprises ont souvent le même profil : ce sont de jeunes fonctionnaires qui, pour accélérer leur ascension au sein de la hiérarchie du groupe, acceptent de partir dans des pays d’Afrique réputés peu sûrs ou très pauvres comme le Mozambique, la Tanzanie, l’Angola ou le Soudan. Parallèlement, ces fonctionnaires collaborent sur place avec des agents de grands groupes publics chinois implantés depuis longtemps en Afrique comme les transporteurs maritimes (COSCO, Sinotrans) ou les groupes d’armements (Norinco, China Poly).[8]

La compagnie aérienne nationale, TAAG Angola Airlines, pourrait devenir le symbole d'un développement qui ne passe plus seulement par Lisbonne, Bruxelles ou Washington. Cette société, qui n'a pas été autorisée à survoler l'Europe entre juillet 2007 et avril 2010 à cause d’insuffisances de normes de sécurité, a lancé des vols directs vers Pékin en 2008 et dessert quotidiennement Rio de Janeiro depuis 2009. Les rapports privilégiés avec la Chine et le Brésil s'expliquent en partie par l'absence de réaction internationale aux appels que Luanda a lancés en 2002 et en 2003 en faveur d'une Conférence internationale sur la reconstruction de l'Angola. L'intérêt de la communauté internationale était alors focalisé sur l'Irak. Les bailleurs de fonds multilatéraux ayant exigé des gages de bonne gouvernance, l'Angola s'est tourné vers la Chine. Celle-ci ne s'est pas fait prier pour lancer de grands chantiers d'infrastructures. Certains observateurs doutent de la qualité de ces chantiers et affirment que les routes et les écoles chinoises se "désintégreront dans les cinq ans".[9]

Les chantiers en question sont financés par des crédits garantis sur le pétrole et remboursés par des contrats de construction. Selon les chiffres officiels, les financements portent sur 7 milliards de dollars depuis 2002. Deux fois plus, estiment les diplomates occidentaux en poste à Luanda. D'après eux, la Chine aurait, par ce mécanisme, mis la main sur 40 % de la production de pétrole angolaise.[10] Plus rapide à la détente que le FMI, Pékin a accordé à Luanda une rallonge de 1 milliard de dollars en février 2009 pour compenser la chute des recettes pétrolières. En comparaison, les 677 millions de dollars prêtés à l'Angola par la Banque mondiale depuis 1991 afin de l'aider à "renforcer sa capacité de gestion" de l'économie paraissent quelque peu dérisoires. 

Les chantiers sont rondement menés par les entreprises chinoises, les bulldozers étant sacrifiés sur les champs de mines - un procédé plus rapide et moins cher que le déminage.[11] Les contrats sont colossaux : 3,5 milliards de dollars versés par l'État angolais à une seule société pour la construction de 20 000 appartements, 250 magasins, 24 jardins d'enfants et 17 écoles dans la banlieue de Luanda. Une autre société privée, le China International Fund, basée à Hong Kong, s'est engagée en 2004 sur le financement de travaux publics à hauteur de 6 milliards d'euros. Il est apparu en 2007 que ce fonds ne pourrait pas honorer ses engagements. Du coup, l'État a dû demander un prêt de 2 milliards aux banques locales pour que les chantiers ne soient pas suspendus.

L'affaire a souligné la fragilité des partenaires choisis, de même que la position centrale que l'armée détient toujours dans la gestion de l'Angola. C'est en effet un général proche du président, Helder VIEIRA DIAS, surnommé "Kopelipa", chef du Cabinet national de reconstruction (CNR), qui a directement négocié le contrat avec China International Fund. "Nous suivons notre propre modèle, a expliqué en 2007  Jaime AGUINALDO, le vice-premier ministre. Ce n'est probablement pas très orthodoxe, mais nous n'avons pas le choix puisque toutes les infrastructures de base sont dévastées".[12]

IV. Angola : un nouvel eldorado  en Afrique ?

Les flux migratoires entre Lisbonne et Luanda ont, eux aussi, connu un renversement de tendance. Depuis fin 2008, les Portugais fuient la crise pour s'établir en Angola ; ils seraient 100 000 à s'être installés dans leur ancienne colonie, pour la plupart dans les villes de la côte.[13] Les Portugais sont les deuxièmes investisseurs étrangers après les Chinois, avec plus d'un milliard de dollars depuis 2007. Si le flux persiste, la communauté portugaise pourrait retrouver son niveau d'avant l'indépendance : 500 000 personnes. Les Brésiliens, autres partenaires traditionnels, sont eux aussi attirés par la croissance phénoménale de Luanda. Selon la chambre de commerce brésilo-angolaise, ils seraient 20 000 à résider en Angola, pour la plupart à la tête de leur propre affaire.[14] 

L'économie devrait rebondir dès 2010, avec une croissance estimée à 7,5 %, après un taux de - 0,6 % en 2009 (au lieu de la récession de 7 % annoncée) ; il est vrai que les caisses de l'État se sont vidées et que le kwanza a perdu 25 % de sa valeur par rapport au dollar, mais pour la troisième économie africaine après l'Afrique du Sud et le Nigeria, ces déboires ne seront que de courte durée. Le bilan du MPLA a beau aligner des chiffres impressionnants, tout reste encore à faire : 80 % de la population n'ont pas accès à l'électricité et 25 à 30 % des actifs sont au chômage. Le gouvernement a beau se targuer d'avoir fait baisser le taux de pauvreté de 12 % depuis 2002, l'Angola occupe toujours le 162e rang sur 177 selon l'Indice de Développement Humain (IDH)[15] publié chaque année par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

Signe des retombées encore limitées de l'essor du secteur privé, l'administration publique demeure le premier pourvoyeur d'emplois. La plupart des sites internet du pays sont domiciliés au Brésil pour contourner les problèmes de connexion en Angola. Il faut 45 jours d'attente au large pour accoster au port de Luanda, éclairé la nuit par une farandole de cargos en attente, et trois mois avant d'espérer en faire sortir un conteneur. Un contrat de 35 millions de dollars a été passé en 2007 avec le groupe danois Maersk, la plus grande compagnie maritime mondiale, pour remettre le port en état et en créer un autre en eaux profondes, mais les retards se sont accumulés. De même, un barrage d'une capacité de 520 mégawatts a été achevé à Capanda en 2004, mais guère plus de 170 000 foyers étaient desservis en 2008 dans la province de Malanje, car les lignes endommagées pendant la guerre n'ont pas été remises en état.

Pour parer aux coupures de courant, Luanda a installé une centrale offshore de 60 mégawatts (MW), à bord d'un navire spécial. La reconstruction, chaotique, se révèle parfois superficielle. Le pays suit sa voie, tant bien que mal. Une voie qui restera  incertaine et fragile tant qu'elle dépendra exclusivement du pétrole. L’impressionnante croissance économique de l’Angola (taux de 8,4 % en 2012) est attribuable à sa production pétrolière accrue et aux cours soutenus du pétrole. Cependant, les questions de transparence continuent à poser des risques. Le compte courant reste excédentaire (à 5% du PIB en 2013) grâce à la production pétrolière, et le niveau des réserves en devises, qui couvrent plus de huit mois d’importations, demeure avantageux.

De solides fondamentaux économiques continueront de soutenir le contexte commercial. Les enjeux associés à une faible capacité institutionnelle et à la corruption subsistent et se répercutent sur les opérations commerciales. L’adoption récente de règlements visant les devises et les activités bancaires (en vertu de laquelle les compagnies pétrolières étrangères doivent utiliser la monnaie locale et le système bancaire angolais) soulève des préoccupations. Comme le secteur pétrolier représente 80 % des recettes de l’État, les soldes budgétaires (3% du PIB en 2013) dépendent de la vigueur des cours des produits de base. Les niveaux de dette publique sont gérables et devraient passer sous la barre de 25 % du PIB dans les prochaines années. Les problèmes associés à la capacité de gestion des recettes gouvernementales restent préoccupants.

La part du secteur pétrolier, qui demeure le moteur de l’économie, représente 50 % du PIB et 90 % des recettes en devises. L’Angola est le deuxième producteur pétrolier du continent africain, son débit oscillant entre 1,50 et 1,90 million de barils par jour (b/j) depuis quelques années. À court terme, la production devrait augmenter avec la mise en service de nouvelles moufles. La demande d’énergie relativement stable en Chine, principale destination des exportations pétrolières de l’Angola, devrait continuer à stimuler les nouvelles entrées d’investissement. Le président, José Eduardo DOS SANTOS, est au pouvoir depuis 1979. Le pouvoir politique est centralisé sur le président et une petite élite du parti au pouvoir, le MPLA (Movimento Popular de Libertação de Angola), réélus en août 2012. La succession présidentielle, prévue à court terme, pourrait déstabiliser le pays en cas de mauvaise gestion. Des manifestations anti-gouvernementales ont eu lieu ces dernières années. Bien que ces manifestations n’aient pas amené un changement de gouvernement, la proportion du vote populaire du parti au pouvoir a néanmoins diminué lors de l’élection de 2012.

La stabilité politique a permis une certaine continuité dans les politiques au cours des dernières années. Le président DOS SANTOS est généralement perçu comme un réformateur, et il peut poursuivre ses réformes sans grande opposition étant donné la centralisation du système politique. L’envers de la médaille est que ce système, tiré par la personnalité du président, peut entraîner un manque de transparence et de reddition de comptes dans l’environnement de l’investissement en Angola. Le système judiciaire est médiocre et on ne peut compter sur des jugements impartiaux et opportuns pour régler des différends commerciaux. L’infrastructure des transports et des communications est en mauvais état sur la plus grande partie du territoire, mais il faut noter le dynamisme qui touche le développement de cette infrastructure depuis quelques années. Les entreprises étrangères présentes en Angola doivent faire preuve de patience pour naviguer dans le dédale bureaucratique du pays.

Dans un avenir prévisible, le PIB continuera de croître à un rythme annuel supérieur à 6 %, ce qui ouvre des perspectives positives pour l’économie. Il existe toutefois un point noir à l’horizon : le choc potentiel des cours pétroliers qui s’avérerait très néfaste pour l’économie. Le MPLA et le président DOS SANTOS continueront de dominer la scène politique, bien que le parti se soit affaibli à la suite des élections de 2012 et qu’il faille régler la question de la succession du président à court ou à moyen terme. Dans l’ensemble, toutefois, il existe de bonnes occasions d’affaires qui offrent un environnement satisfaisant pour les entreprises compétentes.

L’Angola est le 6ème producteur de diamants au monde en volume (6,8%) et le 5ème en valeur (8,3%) en 2011, avec plus d’un milliard de dollars US de recettes. Les principales zones diamantifères angolaises se trouvent dans la partie septentrionale du pays, la province de Lunda nord. Dans le centre du pays, les provinces de Bié et de Lunda sud sont également bien fournies. Les diamants angolais sont de deux natures. La plupart sont extraits de pipes volcaniques appelées kimberlites. Les abords des rivières du pays recèlent quant à eux du diamant alluvionnaire. Les réserves totales connues sont estimées à 180 millions de carats.

 

Conclusion

Cet article a porté sur "Angola, une nouvelle puissance économique émergente en Afrique".  Notre préoccupation principale dans cette analyse a consisté à savoir si l’Angola pourrait être considéré comme puissance émergente et quels seraient les atouts pour que cela soit possible. Par rapport à cette question, il sied de souligner que, dans les années à venir, les secteurs non pétroliers et plus particulièrement l’agriculture, les infrastructures et la construction ainsi que les services devraient considérablement se développer, principalement grâce à l’augmentation des investissements publics et privés. L’Angola est aussi l’un des principaux producteurs mondiaux de diamants. Afin de répondre à la demande mondiale croissante, le pays inaugurera bientôt quatre mines de diamants. Il a aussi pour objectif de rouvrir deux autres mines fermées depuis 2008.

Le secteur des infrastructures est fortement stimulé par un programme gouvernemental de reconstruction (routes, lignes ferroviaires, ports et aéroports) pour lequel le pays a déjà investi des sommes conséquentes, dépenses qui se poursuivront à court et moyen termes. De même, de grands projets sont en phase d’exécution dans les secteurs de l’énergie et plus particulièrement, dans la production et la distribution de l’électricité afin qu’une majorité de la population puisse y avoir accès. Le projet "eau pour tous" relève de la même démarche.

Cette étude étant menée dans le contexte de Science des Relations Internationales, elle se fonde sur la théorie de l’internationalisme néolibéral. Nous nous sommes appuyés sur l’économie politique internationale, une discipline dont l’objet est "l’étude de l’interaction réciproque et dynamique dans les relations internationales entre la poursuite de la richesse et la recherche de la puissance". Ce champ de réflexion mettant en relation l’État et le marché est très ancien et correspond à des analyses d’économie politique qui sont à l’origine de la pensée économique contemporaine. C’est ainsi que cette théorie nous a permis de comprendre que l’économie politique internationale insiste tout particulièrement sur deux relations centrales au sein du système capitaliste contemporain.

Cette dimension de l’économie politique internationale insiste sur la complémentarité entre richesse et puissance. En effet, la richesse de l’Angola, considéré comme l’acteur central (mais pas unique et à divers degrés) des relations économiques internationales, est à la fois l’élément essentiel de sa puissance émergente à long terme et celui de la nation qu’il structure et organise. De plus la puissance économique de l’Angola est vue comme un moyen d’acquérir de la richesse, car la politique nationale, est, d’une manière générale, de poursuivre conjointement la recherche de richesse et celle de puissance.

Un nouvel eldorado est né dans le pays qui affichait, avant la crise, la plus forte croissance au monde - 23 % en 2007 et 21 % en 2008. Les pessimistes ne manqueront pas de rappeler que ces taux à deux chiffres signifient surtout que l'Angola, ravagé par vingt-sept ans de guerre civile, part de très bas. Ne leur en déplaise, la récession de 2009 n'empêche pas les hommes et femmes d'affaires angolais de prendre des participations dans des banques portugaises, apportant de l'argent frais à leur ancienne métropole coloniale. Quant à Luanda, la capitale, elle attire un nouveau flux de migrants chinois, portugais et brésiliens en quête de profits et d'un avenir. Encore méconnu, ce grand pays lusophone situé à la charnière de l'Afrique centrale francophone et de l'Afrique australe anglophone se relève à peine.

Depuis la mort du chef de l'Unita Jonas SAVIMBI, le 22 février 2002, et les accords de paix qui ont suivi, le 4 avril 2002, le géant pétrolier - qui regorge aussi de diamants et de terres fertiles - prend enfin son essor. Son décollage rapide, avec l'aide de la Chine, du Brésil et de l'Afrique du Sud, paraît d'autant plus remarquable que, jusqu'à la fin 2009, il s'est passé de la tutelle du Fonds monétaire international (FMI). L'Angola, devenu premier producteur africain de pétrole, suit sa propre voie et joue de manière indépendante et décomplexée la carte de la globalisation. In fine, pour affirmer de l’Angola qu'il est une nouvelle puissance économique émergente en Afrique, il faudra du temps encore. Faut-il qu’il soit nommé comme tel par O’NEILL[16] et son organisme ou être compté par les autres puissances émergentes comme c’est le cas avec la RSA ?

C.T KATAMB A YAV
LUHITO KIZA
Département des Relations Internationales
Université de L
ubumbashi

 

 



[1]85 % des exportations africaines vers la Chine proviennent des cinq pays suivants : le Nigeria, l’Angola, le Soudan, la Guinée équatoriale, la République Démocratique du Congo ; cf . Michal MEIDAN , " Pétrole et Chine - Afrique : simple relation commerciale ? ", Afrique Contemporaine, n°  228, 2008.

[2]Jacques BARRAT, " La "Chinafrique" : un tigre de papier ? ", Géostratégiques, n°25, octobre 2009.

[3]ANDRÉSY Agnès et al., " La Chinafrique, mythes et réalité " , Etudes, 2010/9 Tome 413, p. 151-162.

[4]ANDRÉSY Agnès et al., art. cit,, p.152.

[5] Idem, p153.

[6] Ibidem, p.155.

[7] Ibidem, p155.

[8]ANDRÉSY Agnès et al., art. cit,, p.155.

[9]Alex DUVAL-SMITH, " It's party time for Luanda's elite as Angola grows rich on oil and gems ", The Observer, 31 août 2008.

[10]Philippe BERNARD, " Luanda, loin de l'Angolagate ", Le Monde, 7 octobre 2008.

[11]Serge MICHEL, " Reconstruire l'Angola, quitte à sauter sur une mine ", Le Monde, 28 octobre 2007

[12]Sharon LAFRANIERE, " As Angola prospers, poverty persists for most ", International Herald Tribune, 14 octobre 2007

[13]Richard LAPPER, " Les Portugais réinvestissent Luanda ", Financial Times et Jeune Afrique, n°2560, 2 février 2010. 

[14]Maira MAGRO et Gustavo DE ALMEIDA, " Angola, l'eldorado africain des Brésiliens ", La Specula, 1er février 2009, traduit par Courrier International. 

[15]L'indice de développement humain est un indice statistique composite créé par le PNUD en 1990. Le rapport 2009 se trouve à cette adresse : www.undp.org/french/hdr2009.shtml

[16] JIM O'NEILL, it is time to re-define emerging markets. Consulté le 24 Avril 2014. http://www.goldmansachs.com/our-thinking/global-economic-outlook/intro growthmarkets/video/introducting-growth-markets.html

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