Sunday, 20 December 2015 23:27

Pratiques sexuelles. Cas des étudiants de l'U.O.B.

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Pratiques sexuelles. Une étude d’opinions  estudiantines de Bukavu
Cas des étudiants de l’Université Officielle de Bukavu

I.    Introduction

I.1. Contexte de l’étude

Depuis la nuit des temps, au nom du principe de la liberté sexuelle, certaines pratiques sexuelles sont devenues d’actualité dans la vie sexuelle des jeunes. Ainsi, un débat philosophique, religieux et sociologique s’est imposé chez les étudiants de l’Université Officielle de Bukavu (U.O.B.), comme chez ceux des autres institutions d’enseignement supérieur de la ville de Bukavu. De ces  discussions résulte un choc  d’opinions  par rapport à l’une ou l’autre pratique sexuelle.

Avec ce débat, des conflits de plusieurs ordres ont pris naissance : d’abord des conflits d’ordre philosophique, religieux et sociologique entre ce qui devrait être et ce qui est, et enfin  ceux d’ordre culturel entre valeurs africaines et valeurs occidentales.  

Néanmoins, le public estudiantin de l’U.O.B. et comme celui des autres établissements d'enseignement supérieur de Bukavu, ne partage pas unanimement les mêmes opinions sur les  pratiques sexuelles en vogue chez les jeunes. Certains les désapprouvent, d’autres les tolèrent ou sont tout simplement indifférents, d’autres encore les approuvent.

Pour ce faire, les pratiques sexuelles retenues pour cette étude sont entre autres : le rapport sexuel avant le mariage, la masturbation, la fellation, le cunnilingus, l’homosexualité, l’avortement clandestin, la prostitution, l’usage de préservatif, le sexe entre amis, les baisers en tout lieu.

Ainsi, cette étude vise à comprendre la divergence d’opinions des étudiants de l’U.O.B. sur ces pratiques sexuelles, en corrélation avec les variables sexe , âge , religion, cycle d’études universitaires, faculté d’appartenance à l’université, état civil, commune  de résidence. Ceci c’est dans le but de comprendre le niveau d’appréhension ou de  perception sociale  du public estudiantin de l’U.O.B. sur les pratiques sexuelles ci-haut retenues pour la présente étude.

Néanmoins, cette étude constitue une recherche de base permettant d’apprécier la divergence d’opinions des étudiants de l’U.O.B. sur lesdites pratiques sexuelles sous examens dans le domaine de la sociologie de la sexualité, un domaine de recherche qui attire moins les étudiants en sociologie dans cette université. Or, avec VERHAEGEN[1], démystifier la science c’est découvrir l’idéologie de la connaissance, les intérêts et les forces en jeu, et les manipulations intellectuelles pour dissimiler les rapports réels,  pour justifier le système d’exploitation …

Ainsi, chez les vieux comme les jeunes, la question sexuelle se pose avec beaucoup d’ampleur au point qu’elle intéresse toutes les générations. Cependant, elle reste un propos d’actualité chez les jeunes. Ce faisant, la population cible de cette étude est constituée des jeunes universitaires de l’Université Officielle de Bukavu, qui ne sont pas aussi en marge des discussions qui alimentent le débat sur ces pratiques sexuelles chez les jeunes dans leurs milieux de vie.

I.2. Question de recherche

Une question  est à la base de la problématique posée par cette étude : comment varient les opinions du public estudiantin  de l’Université officielle de Bukavu sur les faits sexuels comme le rapport sexuel avant le mariage, la masturbation, la fellation, le cunnilingus, l’homosexualité, l’avortement clandestin, l’usage du préservatif, la prostitution, les baisers à tout lieu ?

I.3. Hypothèse de recherche

Comme fil conducteur de cette étude nous retenons que les opinions du public estudiantin de l’Université Officielle de Bukavu sur les pratiques sexuelles varient selon les variables sexe,  âge, religion, faculté d’appartenance à l’université, cycle d’études universitaires, état civil et commune de résidence.

II. Méthodologie

II.1. Justification des variables de l’étude

Pour la présente étude, 7 variables ont retenu notre attention.

1)    Le sexe

            Pour les sujets enquêtés la variable sexe nous paraît être une variable dont il faut tenir compte dans notre étude. La conception sociale  de l’une ou de l’autre pratique sexuelle n’est pas toujours la même selon qu’on est du sexe féminin ou masculin.

2)     L’âge

Comme pour la variable sexe, la variable âge est aussi importante pour cette étude dans la mesure où la perception sociale de l’une ou de l’autre pratique sexuelle peut varier en fonction de l’âge  de nos enquêtés.

 

3)     La religion

La variable religion reste aussi incontournable pour cette étude. Ainsi, la religion peut influencer la perception sociale de nos enquêtés sur la perception sociale de l’une ou l’autre pratique sexuelle en étude, car il faut reconnaître que chaque religion a des valeurs qu’elle véhicule sur le plan sexuel.

4)     La commune de résidence

L’origine résidentielle  peut aussi influencer la perception sociale de nos enquêtés sur les pratiques sexuelles choisies pour cette étude.

5)     Le cycle d’études universitaires 

Le niveau d’instruction est un facteur qui peut influencer l’appréhension sociale de nos enquêtés sur les pratiques sexuelles retenues pour cette recherche. Nous avons pris en considération  les deux premiers cycles du système de l’enseignement supérieur qui fonctionnent à l’U.O.B., à savoir le premier cycle (G1, G2 et G3) et le deuxième cycle (L1 et L2).

6)     L’état civil

Avec cette variable nous estimons que la perception sociale de nos enquêtés sur  les pratiques sexuelles retenues pour cette étude peut aussi varier selon qu’on est étudiant marié,  célibataire, divorcé, veuf (ve).

7)     La faculté d’appartenance à l’université

Cette variable peut aussi nuancer la perception sociale de nos enquêtés sur les pratiques sexuelles retenues pour la présente étude.

II.2. Détermination de l’échantillon de l’étude

En matière de recherche scientifique, il est difficile, pour diverses raisons notamment matérielles ou financières, de recueillir les informations auprès de toute la population. On procède de ce fait, à la subdivision de la population en une fraction appelée échantillon, sur laquelle porteront les observations[2].

Ainsi, pour de LANDSHEERE[3], échantillonner c’est choisir un nombre limité d’individus, d’objets ou d’événements dont l’observation permet de tirer des conclusions (inférences) applicables à la population entière (univers) à l’intérieur de laquelle le choix a été fait.     

Ainsi, les statistiques démographiques estudiantines pour l’année académique 2014-2015 de l’Université Officielle de Bukavu nous renseignent que cette université a une population estudiantine estimée à 4.347 étudiants dont 1.160 femmes soit 26,68% et 3.187 hommes soit 73, 31%, à en croire la division des inscriptions et de contrôle de scolarité de cette université.

De ces effectifs, nous avons extrait un échantillon aléatoire de 73 étudiants suivant la technique d’échantillonnage stratifié pondéré[4]

Pour fixer la taille de l’échantillon, nous nous sommes servis de la formule  ci-dessous, et en référence aux données démographiques de la population estudiantine de l’Université Officielle de Bukavu de l’année académique 2014-2015. 

Formule : p = n/N 

Où  p : proportion

       n : nombre des cas favorables ou les personnes à enquêter

       N : nombre des cas possibles ou l’effectif total

Ainsi, en disposant de toutes les composantes  de la formule suggérée par D’HAINAUT, nous allons procéder au calcul de la proportion de chaque strate.

C’est ainsi que : p = 73/4347 = 0,01679319

La valeur proportionnelle de 0,01679319 obtenue  sur base de la formule susmentionnée n’est pas encore la taille de notre échantillon. Elle nous a permis   sur base des données démographiques estudiantines pour l’année académique 2014-2015 de l’U.O.B. d’arriver à fixer en définitive la taille de l’échantillon de cette étude. Pour ce faire, l’échantillon extrait dans chaque strate se présente comme suit :

Tableau 1 : Calcul de la taille de l’échantillon

Strates ou facultés

Pop. concernée

Calcul proportionnel de la taille de l’échantillon

Total de la taille de l’échantillon

1

Faculté de Sciences Economiques et de Gestion

933

0,01679319x933=15,66804627

15

2

Faculté de Droit

959

0,016793119x959=16,1046692

16

3

Faculté de Sciences et Sciences Appliquées

662

0,016793119x662=11,11709178

11

4

Faculté de Sciences Sociales, Politiques et Administratives

616

0,16793119x616=10, 34460504

10

5

Faculté de  Médecine et Pharmacie

1125

0,16793119x1125=18,89233875

18

6

Faculté de Lettres et Sciences Humaines

52

0,16793119x52=0,87324588

1

 

Total

4347

                           72,99999692

73

Source :Nos calculs  inspirés par les statistiques de la division des inscriptions et de contrôle de scolarité de l’Université Officielle de Bukavu de l’année 2014-2015.

II.3. Déroulement de l’enquête

Selon Claude JAVEAU[5], on distingue deux sortes de modalité d’administration d’un questionnaire : le questionnaire d’administration directe où le sujet note lui-même ses réponses. Il est aussi appelé questionnaire d’auto-administration et le questionnaire d’administration indirecte où le chercheur note les réponses qui lui sont fournies par l’enquête.

Cependant, en ce qui concerne cette étude, nous avons recouru au questionnaire d’administration directe pour permettre à nos enquêtés d’accoucher leurs opinions par eux-mêmes et de leur permettre de mieux réfléchir et de répondre en toute liberté à nos questions. Le questionnaire utilisé pour cette étude est de type fermé. Notre univers de recherche, à savoir l’Université Officielle de Bukavu, a constitué pour nous un espace de rencontre avec notre population-mère pour l’administration des questionnaires. 

III. Présentation des résultats

Le questionnaire appliqué à cette étude est subdivisé en trois paliers. Il s’agit notamment des questions adressées à tous les enquêtés (Femmes et Hommes), les questions adressées aux seules femmes enquêtées et les questions adressées aux seuls hommes enquêtés. Ainsi, la présentation des résultats se fait selon que le questionnaire a été subdivisé en différents paliers susmentionnés.

III.1. Questions adressées à tous les enquêtés (Femmes et Hommes)

Tableau 2. Présentation du profil sociodémographique des enquêtés

Sexe

Nombre

%

Femme

19

26,02

Homme

54

73,97

Total

73

100

Tranche d’âge

Nombre

%

18-20 ans

10

13,69

21-23 ans

32

43,83

24-26 ans

26

35,61

27-29 ans

4

5,47

30 et plus

1

1,36

Total

73

100

Religion

Nombre

%

Catholique pratiquant régulier

34

46,57

Catholique pratiquant irrégulier

12

16,43

Catholique non pratiquant

-

-

Protestant pratiquant régulier

12

16,43

Protestant pratiquant irrégulier

5

6,84

Protestant non pratiquant

-

-

Musulman pratiquant régulier

-

-

Musulman pratiquant irrégulier

-

-

Musulman non pratiquant

-

-

Témoin de Jéhovah pratiquant régulier

5

6,84

Témoin de Jéhovah pratiquant irrégulier

-

-

Témoin de Jéhovah non pratiquant

-

-

Brahmane pratiquant régulier

-

-

Brahmane pratiquant irrégulier

-

-

Brahmane non pratiquant

2

2,73

Sans religion

3

4,10

Total

73

100

Faculté fréquentée

Nombre

%

Faculté des sciences économiques et de gestion

15

20,54

Faculté des sciences et sciences appliquées

11

15,06

Faculté des sciences sociales, politiques et administratives

10

13,69

Faculté de médecine et pharmacie

18

24,65

Faculté de droit

16

21,91

Faculté des lettres et sciences humaines

1

1,36

Total

73

100

Cycle d’étude

Nombre

%

Premier cycle

46

63,01

Deuxième cycle

27

36,98

Total

73

100

Etat civil

Nombre

%

Célibataire

70

95,89

Marié (e)

3

4,10

Divorcé (e)

-

-

Veuf (ve)

-

-

Total

73

100

Commune de résidence

Nombre

%

Ibanda

36

49,31

Bagira

8

10,95

Kadutu

29

39,72

Total

73

100

Il ressort de ce tableau que les hommes ont été plus enquêtés que les femmes, et la deuxième et la troisième  tranche d’âge des enquêtés ont été les plus enquêtées. Par rapport à la religion, il est constaté que les catholiques pratiquants réguliers ont été les plus enquêtés, suivis des protestants pratiquants réguliers. Néanmoins, il a été observé que 3 enquêtés sur 73 n’ont aucune appartenance religieuse. Par rapport aux filières d’étude de nos enquêtés, la faculté de médecine et pharmacie a été plus enquêtée que les autres facultés. Le premier cycle d’étude de nos enquêtés a été plus enquêté que le deuxième cycle. Il est aussi constaté que la majorité de nos enquêtés sont des célibataires, sauf 3 enquêtés sur 73 qui sont mariés. Enfin, les communes d’Ibanda et de Bagira  sont des communes d'où proviennent la plupart de nos enquêtés, et par conséquent la plupart des étudiants de l’Université Officielle de Bukavu, notre site de recherche. 

Ainsi, l’opinion des étudiants de l’Université Officielle de Bukavu concernant les pratiques sexuelles choisies pour la présente étude se traduit dans les tableaux chiffrés ci-dessous :  

Tableau 3. Pratique de la masturbation

Variable

Nombre

%

Normal

24

32,43

Anormal

48

65,75

Sans opinion

1

1,36

Total

73

100

Ce tableau renseigne que 32,43% des enquêtés estiment que la masturbation est une pratique normale, pendant que 65,75% de ces  enquêtés pensent que c’est anormal de pratiquer la masturbation. Cependant, 1 enquêté sur 73 est resté sans opinion à cette question. La conception de DOUCET[6] n’est pas loin de celle de 32,43% de nos enquêtés, lorsqu’il souligne que les caresses peuvent être pratiquées par soi-même (masturbation) ou par un ou une partenaire (relations homosexuelles ou hétérosexuelles) : l’intérêt de la masturbation est notamment de bien connaître votre corps ou les plaisirs qu’il peut vous procurer, ce qui paraît indispensable à la connaissance d’autres corps (il faut noter par ailleurs qu’elle peut permettre de combler le vide d’une heure de classe ou d’une soirée ennuyeuse.

Tableau 4. Masturbation comme une déviance sexuelle

Variable

Nombre

%

Oui

60

82, 19

Non

21

28,76

Sans opinion

2

2,73

Total

73

100

Avec ce tableau on constate que 82,19% des enquêtés pensent que la masturbation relève de la déviance sexuelle. De ces enquêtés, 28,76% d’entre eux estiment que la pratique de la masturbation ne relève pas de la déviance sexuelle. Toutefois, 2 enquêtés sur 73 sont restés muets à cette préoccupation. 

 Tableau 5. Tout le monde comme hétérosexuel

Variable

Nombre

%

Oui

40

54,79

Non

30

41,09

Sans opinion

3

4,10

Total

73

100

Il ressort de ce tableau que 54,19% des enquêtés affirment que tout le monde doit être hétérosexuel. C’est-à-dire épouser quelqu’un de sexe opposé. Non loin de ce pourcentage, 41,09% de ces enquêtés soutiennent que tout le monde ne doit pas être hétérosexuel. C’est-à-dire ne pas épouser quelqu’un de son sexe. Ce qui laisse penser à une opinion favorable pour l’homosexualité, à en croire l’opinion de ces enquêtés. Par contre, 3 enquêtés sur 73 n’ont pas donné leur opinion à cette question.  

Tableau 6. Attitude à l’égard d’un couple homosexuel

Variable

Nombre

%

Attitude de discrimination

20

27,39

Attitude de tolérance

33

45,20

Attitude de méfiance

20

27, 39

Total

73

100

Les données de ce tableau informent que 27,39% des enquêtés peuvent avoir une attitude de discrimination à l’égard d’un couple homosexuel. Par contre, 27, 39% de ces enquêtés soutiennent qu’ils peuvent avoir une attitude de méfiance à l’égard d’un couple homosexuel. Néanmoins, 45,20% de ces informateurs estiment qu’ils peuvent avoir l’attitude de tolérance, de respect à l’égard d’un couple homosexuel.  

Tableau 7. Légalisation du mariage  homosexuel

Variable

Nombre

%

Oui

7

9,58

Non

66

90,41

Sans opinion

-

-

Total

73

100

Le tableau ci-haut renseigne que 90,41% d’enquêtés estiment qu’ils ne peuvent pas soutenir le législateur congolais national comme provincial à légaliser et à autoriser les églises à célébrer et à bénir les mariages homosexuels. Cependant, 9,58% de ces enquêtés affirment qu’ils peuvent soutenir et encourager le législateur national comme provincial à légaliser et à autoriser les églises à célébrer et à bénir les mariages homosexuels. L'opinion de ces informateurs converge avec celle  des autres enquêtés cités ci-haut au tableau 6, qui pensent qu’ils peuvent avoir l’attitude de tolérance ou de respect à l’égard des homosexuels. DOUCET[7] estime que l’intérêt de l’homosexualité vient surtout du fait que les relations hétérosexuelles (filles-garçons) sont généralement interdites aux jeunes par l’hypocrite autorité morale (qui, d’ailleurs, a le culot de blâmer l’homosexualité) ; les relations hétérosexuelles cependant paraissent les plus riches de plaisir. Signalons cependant que l’attitude du droit face à l’homosexualité varie d’un système juridique à l’autre. Le Cameroun, comme un grand nombre d’États africains, interdit impérativement toutes formes de relations homosexuelles. Une telle attitude exprime, en réalité, une véritable répulsion sociale de l’homosexualité considérée, à tort ou à raison, comme un symptôme d’une inversion  et d’une perversion sexuelle totalement étrangères aux sociétés primitives africaines[8].

La littérature renseigne que 36 États africains sur 53 incriminent les relations sexuelles homosexuelles dont quatre  sur huit (dans le monde) les sanctionnent de la peine de mort. Il s’agit de la Mauritanie, du Nigeria (12 États du Nord), de la Somalie (région du Sud) et du Soudan. Les 4 autres États sont l’Afghanistan, l’Arabie Saoudite, l’Iran et le Yémen. Enfin, mentionnons que le législateur congolais de la RD Congo est encore muet sur la question de la pratique de l’homosexualité en RD Congo. Mais, il n’est pas aussi évident qu’il n’y ait pas de cas d’homosexualité qui se vivent en cachette en RD Congo. Pour en savoir plus, il faut une étude spécifique appropriée.      

Tableau 8. L’usage de préservatif lors du rapport sexuel

Variable

Nombre

%

Oui

40

54,79

Non

33

42, 20

Sans opinion

-

-

Total

73

100

 Ces résultats démontrent que 54,79% des enquêtés affirment qu’ils peuvent utiliser un préservatif lors d’un rapport sexuel. Et 42,20% de ces enquêtés soutiennent  qu’ils ne peuvent pas utiliser un préservatif lors d’un rapport sexuel.

Tableau 9. Croyance dans l’usage de préservatif lors du rapport sexuel

Variable

Nombre

%

Oui

49

67,12

Non

21

28,76

Sans opinion

3

4,10

Total

73

100

Ce tableau informe que 67,12% des enquêtés croient dans l’efficacité de l'usage de préservatif lors d’un rapport sexuel. Par contre, 28,76%  de ces enquêtés ne croient pas dans l’efficacité de préservatif lors du rapport sexuel. Signalons cependant, que 3 enquêtés sur 73 sont restés muets sur cette question.

Tableau 10. Soutenir un (e) ami (e) pour expulser clandestinement un fœtus

Variable

Nombre

%

Oui

45

61,64

Non

28

38,35

Sans opinion

-

-

Total

73

100

Il ressort de ce tableau que 61,64% des enquêtés affirment qu’ils peuvent soutenir un (e) ami(e) pour expulser clandestinement un fœtus. Néanmoins, 38,35% de ces enquêtés soutiennent qu’ils ne peuvent pas soutenir un (e) ami (e) pour expulser clandestinement un fœtus. Disons que, en ses articles 165 et 166, le code pénal congolais punit la pratique de l’avortement clandestin. L’article 165 de ce code[9] dispose que : "Celui qui, par alimentation, breuvages, médicaments, violences ou par tout autre moyen, aura fait avorter une femme, sera puni d’une servitude pénale de cinq à quinze ans." Dans son article 166 le même code dispose également que "la femme qui volontairement se sera fait avorter, sera punie d’une servitude pénale de cinq à dix ans." Quoi que  le législateur congolais ait pénalisé l’avortement clandestin, il faut dire que dans le milieu social congolais c’est une question qui divise l’opinion publique congolaise. Une partie de l'opinion soutient la légalisation de l’avortement alors qu’une autre soutient sa pénalisation.

 Tableau 11. Sexe entre ami (e) sans liaison sentimentale

Variable

Nombre

%

Oui

3

4,10

Non

70

95,89

Sans opinion

-

-

Total

73

100

Il est constaté avec ce tableau que 95,89% des enquêtés refusent l’idée de faire un rapport sexuel entre ami (e) sans aucune liaison sentimentale ou amoureuse. Toutefois, 4,10% de ces enquêtés acceptent l’idée d’un rapport sexuel entre ami(e) sans aucune liaison sentimentale ou amoureuse.

Tableau 12. Prostitution comme une déviance sociale

Variable

Nombre

%

Oui

60

82,19

Non

20

27,39

Sans opinion

3

4,10

Total

73

100

Observons avec ce tableau que 82,19% des enquêtés considèrent la prostitution comme une déviance sociale. Par contre, 27,39% de ces enquêtés ne considèrent pas que la prostitution relève de la déviance sociale. Néanmoins, 3 enquêtés sur 73 n’ont pas donné leur opinion sur cette question. 

Tableau 13. Légalisation de la prostitution comme une profession

Variable

Nombre

%

Oui

25

34,24

Non

47

64,38

Sans opinion

1

1,36

Total

73

100

Constatons qu’avec ce tableau, 64,38% des enquêtés estiment qu’ils ne peuvent pas encourager  et soutenir le législateur national comme provincial de la RD Congo à légaliser la prostitution comme une profession. Néanmoins, 34,24% de ces enquêtés pensent qu’ils peuvent encourager et soutenir le législateur national comme provincial à légaliser la prostitution comme une profession légale. Toutefois, 1 enquêté sur 73 est resté muet sur cette question.   

Tableau 14. Embrasser un (e) partenaire dans les lieux publics

Variable

Nombre

%

Normal

37

50,68

Anormal

35

47,94

Sans opinion

1

1,36

Total

73

100

Avec ce tableau il est permis de croire que 50,68% des enquêtés trouvent normal de se baiser ou de s’embrasser  au sens romantique du mot dans les espaces publics. À contrario, un score de 47,94% de ces enquêtés estiment normal de se baiser ou de s’embrasser au sens romantique du terme dans les espaces publics.

III.2. Questions adressées aux femmes enquêtées

Tableau 15. Epouser un homme qui n’a jamais connu des femmes sexuellement

Variable

Nombre

%

Oui

11

57,89

Non

4

21, 05

Sans opinion

4

21,05

Total

19

100

Ce tableau renseigne que 57,89% des femmes enquêtées estiment qu’elles peuvent  aimer épouser un homme qui n’a jamais connu des femmes sexuellement. Par contre, 21,05% de ces enquêtées considèrent qu’elles ne peuvent pas aimer épouser un homme qui n’a jamais connu des femmes sexuellement. Toutefois, 4 enquêtées sur 19 sont restées muettes à cette question.

Tableau 16. Virginité de l’homme comme la garantie de la stabilité de famille

Variable

Nombre

%

Oui

8

42,10

Non

7

36,84

Sans opinion

4

21,05

Total

19

100

Ce tableau nous fait croire que 42,10% des femmes enquêtées estiment que la virginité de l’homme est une garantie pour la stabilité de sa famille ou de son foyer. Par contre, 36,84% de ces femmes pensent que la virginité de l’homme ne constitue pas une garantie pour la stabilité de sa famille ou de son  foyer. Soulevons cependant, le cas de 4 enquêtées sur 19 qui sont restées sans opinion à cette question.  

Tableau 17.  Image qu’ont les femmes d’un homme qui n’est plus vierge

Variable

Nombre

%

Homme à une moralité sexuelle douteuse

2

10, 52

Il faut le comprendre comme tel (tolérance)

12

63,15

Homme infidèle

5

26,31

Sans opinion

-

-

Total

19

100

Ces données informent que 26,31% des femmes enquêtées considèrent l’homme qui n’est plus vierge comme un homme infidèle. Par contre, 10,52% de ces enquêtées qualifient cet homme d’un homme à une moralité sexuelle douteuse. Néanmoins, 63,15%  de ces enquêtées manifestent une attitude de tolérance à l’égard de l’homme qui n’est plus vierge, une attitude à  le comprendre comme tel. C’est donc sans aucun jugement selon l’opinion de ces femmes.

Tableau 18. Rapport sexuel avant le mariage

Variable

Nombre

%

Oui

5

26,31

Non

11

57,89

Sans opinion

3

15,78

Total

19

100

Il ressort de ce tableau que 57,89% des femmes enquêtées ne peuvent pas aimer avoir un rapport sexuel avec un copain avant le mariage. Néanmoins, 26,31% de ces femmes estiment qu’elles peuvent aimer avoir un rapport sexuel avec un copain avant le mariage. Toutefois, 3 enquêtées sur 19 sont restées silencieuses à cette question.

Tableau 19. Cunnilingus lors du rapport sexuel chez la femme par un homme

Variable

Nombre

%

Normal

8

42,10

Anormal

8

42,10

Sans opinion

3

15,78

Total

19

100

Les résultats de ce tableau informent que 42,10% des femmes enquêtées peuvent aimer avoir le cunnilingus lors du rapport sexuel avec le partenaire sexuel. Par contre, 42,10% de ces enquêtées estiment qu’elles ne peuvent pas aimer le cunnilingus lors du rapport sexuel avec le partenaire sexuel. Néanmoins, 3 enquêtées sur 19 sont restées muettes à cette question.

Tableau 20. Virginité de l’homme jusqu’au mariage

Variable

Nombre

%

Normal

12

63,15

Anormal

3

15,78

Sans opinion

4

21,05

Total

19

100

Ce tableau renseigne que 63,15% des femmes enquêtées trouvent normal que l’homme garde sa virginité jusqu’au mariage. Au contraire, 15,78% de ces enquêtées estiment que c’est anormal qu’un homme garde sa virginité jusqu’au mariage. Cependant, 4 enquêtées sur 19 sont restées sans opinion à cette question.    

Tableau 21. Perte de la virginité de l’homme comme déviance sociale

Variable

Nombre

%

Oui

4

21,05

Non

9

47,36

Sans opinion

6

31,57

Total

19

100

Les données de ce tableau informent que 21,05% des femmes enquêtées estiment que la perte de virginité de l’homme relève de la déviance sociale. Par ailleurs, il est constaté que 47,36% de ces informatrices pensent que la perte de virginité de l’homme ne relève pas de la déviance sociale. Toutefois, 6 enquêtées sur 19 sont restées muettes à cette question.

III. 3. Questions adressées aux hommes enquêtés

Tableau 22. Epouser une femme qui n’est plus vierge

Variable

Nombre

%

Oui

42

77,77

Non

8

14,81

Sans opinion

4

7,40

Total

54

100

Ce tableau renseigne que 77,77% des hommes enquêtés affirment qu’ils peuvent  épouser une femme qui n’est plus vierge. Et 14,81% de ces enquêtés réfutent l’idée d’épouser une femme qui n’est plus vierge. Signalons que 4 enquêtés sur 54 sont restés sans opinion à cette question.

 

Tableau 23. Virginité de la femme comme garantie de la stabilité de la famille

Variable

Nombre

%

Oui

18

33,33

Non

30

55,55

Sans opinion

6

11,11

Total

54

100

 

 

 

 

 

 

Les résultats de ce tableau nous informent que 33,33%  des hommes enquêtés estiment qu’épouser une femme vierge est une garantie pour la stabilité de sa famille. Par contre, 55,55% de ces enquêtés pensent qu’épouser une femme vierge n’est pas une garantie pour la stabilité de son foyer. Toutefois, 6 enquêtés sur 54 sont restés muets à cette question. 

Tableau 24. Image qu’ont les hommes d’une femme qui n’est plus vierge          

Variable

Nombre

%

Femme à une moralité sexuelle douteuse

14

25,92

Il faut la comprendre comme tel (tolérance)

28

51,85

Femme pute

12

22,22

Total

54

100

Les données de ce tableau informent que 25,92% des hommes enquêtés considèrent qu’une femme qui n’est plus vierge est une femme à une moralité sexuelle douteuse. Et 22,22% de ces enquêtés la qualifient de pute. Cependant, 51,85% des enquêtés estiment qu’ils peuvent avoir une attitude de tolérance à l’égard d’une femme qui n’est plus vierge.

Tableau 25. Dévirginiser  une femme qui n’est pas sa propre copine

Variable

Nombre

%

Oui

23

45,59

Non

25

46,29

Sans opinion

6

11,11

Total

54

100

Le tableau ci-haut renseigne que 45,59% des hommes enquêtés estiment qu’ils peuvent dévirginiser une femme avec qui ils n’ont aucune liaison sentimentale ou amoureuse. Néanmoins, 46,29% de ces enquêtés pensent qu’ils ne peuvent pas dévirginiser une femme avec qui ils n’ont pas une liaison sentimentale. Cependant, 6 enquêtés sur 54 sont restés muets à cette question.

Tableau 26. Fellation lors du rapport sexuel avec une femme

Variable

Nombre

%

Oui

24

44,44

Non

25

46, 29

Sans opinion

5

9,25

Total

54

100

Les données de ce tableau informent que 44,44% des hommes enquêtés estiment qu’ils peuvent aimer la fellation lors du rapport sexuel avec une partenaire sexuelle. Et 46,29% de ces enquêtés pensent qu’ils ne peuvent pas accepter la fellation lors du rapport sexuel avec une  partenaire sexuelle. Néanmoins, 9,25% de ces informateurs sont restés sans opinion à cette question.  

Conclusion

Cette étude a porté sur une enquête d’opinion  auprès du public estudiantin de l’Université Officielle de Bukavu. Les questions de sondage d’opinion ont porté sur les pratiques sexuelles que nous avons choisies pour la présente étude. Il s’agit de : le rapport sexuel avant le mariage,  la masturbation, la fellation, le cunnilingus, l’homosexualité,  l’avortement clandestin, la prostitution, l’usage de préservatif, le sexe entre amis, les baisers à tout lieu.

Au départ de cette étude, la question posée était la suivante : comment varient les opinions du public estudiantin  de l’Université officielle de Bukavu sur les faits sexuels comme le rapport sexuel avant le mariage, la masturbation, la fellation, le cunnilingus, l’homosexualité, l’avortement clandestin,  l’usage du préservatif, la prostitution, les baisers en  tout lieu ?

Comme fil conducteur  de cette étude nous retenons que les opinions du public estudiantin de l’Université Officielle de Bukavu sur les pratiques sexuelles varient selon les variables sexe,  âge, religion, faculté d’appartenance à l’université, cycle d’études universitaires, état civil et commune de résidence.

La formule de D’HAINAUT :  nous a servi d’outil pour déterminer l’échantillon de cette étude. Pour ce faire, un échantillon de 73 étudiants a été considéré comme la taille d’échantillon de cette étude. Cet effectif représente 1,67% de la population estudiantine de l’Université Officielle de Bukavu de l’année académique 2014-2015. Les femmes enquêtées  constituent 26,02%  de l’échantillon soit 19 femmes sur un total de 73 enquêtés, alors que les hommes   représentent 73,97% de l’échantillon soit 54 hommes sur 73 enquêtés.

En effet, au bout de cette étude, il est constaté que les opinions de nos enquêtés  divergent  les unes des autres sur l’une ou l’autre pratique sexuelle choisie pour la présente étude. Cette divergence d’opinion  se présente soit en grand pourcentage ou soit en petit pourcentage, hormis les cas de sans opinion de certains de nos sondés. 

MWEZE MAPENZI Walter[10]

 

 



[1]VERHAEGEN B., Introduction à l’histoire immédiate, Gembloux, Duculot, 1973. P. 115.

[2] MAMPETA WABASA et OYOTO HAMZATI, Le parc national de la Salonga et le vécu des populations environnantes, IRSA, n°11, 2005. P. 75.

[3] de LANDSHEERE G., Introduction à la recherche scientifique en éducation. Liège, Georges Thones, 1982. P. 183.

[4]D’HAINAUT L., Concepts et méthodes de la statistique, tome 1. Bruxelles,  De Boeck université, 1975. P. 40.

[5]JAVEAU C., L’enquête par questionnaire. Manuel à l’usage des praticiens. Bruxelles, Fernand Nathan, 1973. P. 17.

[6]DOUCET L., Qu’est-ce que l’information sexuelle en classe. Parents et éducateurs face au nouveau programme, Paris, Pierre Horay. 1973. P. 36.

[7]DOUCET L., idem, pp. 36-37.

[8] ATANGANA-MALONGUE TH., Libres interrogations d’une civiliste sur l’homosexualité au Cameroun, in Revue de Droit international et de Droit comparé, n°4., 2013. P. 477.

[9]RD CONCO, Les codes larciers, Droit pénal. De Boeck et Larcier, 2013.

[10]  Licencié en sociologie de l’Université Officielle de Bukavu et Bibliothécaire de 2ème  classe à la Bibliothèque Centrale de l’Université Officielle de Bukavu.

 

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