Angola, une nouvelle puissance économiques émergente en Afrique(I)

 NDLR : le texte reçu étant trop long, il a été décidé de le publier en deux parties. En voici la première :

Introduction

L’Afrique constitue un marché où le produit intérieur brut (PIB) par habitant est en croissance et où l’environnement d’investissement se stabilise. Le continent africain est un marché diversifié de plus d’un milliard de consommateurs. Avec l’urbanisation croissante et des modes de vie plus occupés, la demande en divers produits importés devrait augmenter. Les échanges commerciaux ont augmenté de 16 % depuis 2006 et le commerce de produits agricoles s’est accru de 92 % depuis 2005.[1]

 Un "diamant brut", tel est probablement le meilleur terme pour définir l’Angola. Le pays est en effet une mine de richesses naturelles qui doit encore être exploitée de manière raisonnée et durable afin d’en extraire la valeur et d’en faire bénéficier au maximum la population locale. L’Angola dispose de réserves énormes tant en pétrole et diamant qu’en or, fer, cuivre, cobalt, granit, marbre et uranium. Outre ses ressources pétrolières et minières, sa situation géographique et sa topographie lui offrent un secteur primaire prospère tant au niveau de la pêche et de l’agriculture qu’en ce qui concerne les capacités énergétiques naturelles (hydro-électricité, photovoltaïque, bioéthanol, etc.). 

La guerre civile qui a duré jusqu’en 2002 a laissé le pays dans un état de faillite et de catastrophe humanitaire. Depuis la fin de celle-ci, l’Angola a connu une période de très forte croissance jusqu’à la crise économique mondiale lors de laquelle le recul de son économie accusa un gros coup, en raison de la dépendance du pays aux exportations de pétrole.

Notre préoccupation principale dans cette analyse est de savoir si l’Angola peut être considéré comme puissance émergente et quels seraient les atouts pour que cela soit possible. Par rapport à cette question, il sied de souligner que dans les années à venir, les secteurs non pétroliers et plus particulièrement l’agriculture, les infrastructures et la construction ainsi que les services devraient considérablement se développer, principalement grâce à l’augmentation des investissements publics et privés. L’Angola est aussi l’un des principaux producteurs mondiaux de diamants. Afin de répondre à la demande mondiale croissante, le pays inaugurera bientôt quatre mines de diamants. Il a aussi pour objectif de rouvrir deux autres mines fermées depuis 2008.

Le secteur des infrastructures est fortement stimulé par un programme gouvernemental de reconstruction (routes, lignes ferroviaires, ports et aéroports) pour lequel le pays a déjà investi des sommes conséquentes, dépenses qui se poursuivront à court et moyen termes. De même, de grands projets sont en phase d’exécution dans les secteurs de l’énergie et plus particulièrement, dans la production et la distribution de l’électricité afin qu’une majorité de la population puisse y avoir accès. Le projet "eau pour tous" relève de la même démarche.

 Cette étude étant menée dans le contexte de science des Relations Internationales, elle se fonde sur la théorie de l’internationalisme néolibéral. Nous allons nous appuyer sur l’économie politique internationale, une discipline dont l’objet est "l’étude de l’interaction réciproque et dynamique dans les relations internationales entre la poursuite de la richesse et la recherche de la puissance"[2].Ce champ de réflexion mettant en relation l’État et le marché est très ancien et correspond à des analyses d’économie politique qui sont à l’origine de la pensée économique contemporaine. Cette théorie va nous permettre de comprendre que l’économie politique internationale insiste tout particulièrement sur deux relations centrales au sein du système capitaliste contemporain. Elle met en exergue la relation entre la sphère économique et la sphère politique.

 Cette dimension de l’économie politique internationale insiste sur la complémentarité entre richesse et puissance. En effet, la richesse de l’Angola, considérée comme l’acteur central (mais pas unique et à divers degrés) des relations économiques internationales, est à la fois l’élément essentiel de sa puissance émergente à long terme mais celui de la nation qu’il structure et organise. De plus la puissance économique de l’Angola est vue comme un moyen d’acquérir de la richesse, car la politique nationale est, d’une manière générale, de poursuivre conjointement la recherche de richesse et celle de puissance.[3]

Cette étude, hormis l’introduction et la conclusion, sera axée sur quatre points, à savoir : quid des États émergents, l’Angola : un pays en chantier, l’Angola avant-Poste de la "Chinafrique" et l'Angola : un nouvel eldorado en Afrique.

Quid des pays émergents

  1. L’objectif de cette section n’est pas d’entrer dans le débat théorique de savoir si oui ou non on peut définir la "puissance" quantitativement ou scientifiquement, mais de comprendre en termes généraux comment interpréter la puissance. Ces dernières années, et certainement quand on aborde la définition de "puissance émergente", la puissance a été quasi synonyme de puissance économique. Et d’une certaine manière c’est compréhensible vu la redistribution économique dans le monde. D’autant plus que la puissance économique forme le pilier de tout développement soutenu.

    Une "économie émergente" n’est pas nécessairement une "puissance émergente"[4]. La puissance ne se réduit pas à l’économique. Et bien qu’il existe de nombreuses études sur la définition de la puissance, nous pensons que la formule définie par RAY CLINE il y a quelques décennies, bien que discutable, est toujours pertinente parce qu’elle met l’accent sur les caractéristiques objectives et subjectives de la puissance. Aujourd’hui on parle de High and Low politics (WOLFERS) ou de Soft et Hard power, mais sur le fond, rien de révolutionnaire. Et des politologues tels que Nicholas SPYKMAN, STEINMETZ, Hans MORGENTHAU et FISCHER, quand ils définissent la puissance, partagent la même approche envers le concept de puissance, même s’ils mettent l’accent sur d’autres points.

    Donc la puissance est quelque chose de complexe et ne s’appuie pas uniquement sur la variable économique, mais dépend également, entre autres aspects, du militaire, de la politique, de la démographie et de la culture[5]. En conséquence, la puissance est aujourd’hui plus diffuse, plus fragmentée, plus diluée que par le passé. La répartition de la puissance dans un monde caractérisé par l’interdépendance et la mondialisation est aussi plus inégale. La puissance n’est en outre pas nécessairement fongible ou transférable d’un secteur à l’autre. L’interaction et les différentes stratégies en jeu vont également définir le système international de demain. En effet une chose est d’avoir de la puissance, une autre est d’en faire (bon) usage.

    Depuis la fin de la guerre froide et l’effondrement du système bipolaire des blocs, de nouveaux acteurs nationaux ont investi le système international. Ces pays, dits émergents, sont issus aussi bien de l’ancien bloc communiste (Chine, Russie), des pays non alignés (Inde) que d’anciens régimes minoritaires, comme d’Afrique (Afrique du Sud) et dictatoriaux d’Amérique latine (Brésil, Argentine). En tant que nouvelles puissances économiques mondiales, trois pays, l’Inde, la Chine et le Brésil font l’objet d’une attention particulière des médias, tant ils présagent d’une nouvelle configuration des rapports économiques et politiques sur l’échiquier mondial. Espoirs pour les uns, dangers pour les autres, le phénomène des pays émergents doit avant tout être appréhendé dans le contexte de la dynamique de la mondialisation, insufflée par les pays occidentaux.

    Ces économies émergentes suscitent l’engouement des entreprises européennes et américaines, qui y voient d’importantes perspectives de profits, tandis qu’elles génèrent de vives inquiétudes dans le corps social, à chaque fois que resurgit le thème de la délocalisation de la production vers des pays à bas salaires. En effet, l’apparition de firmes organisées sur une base mondiale permet de mettre en contact direct producteurs et consommateurs d’un nombre croissant de biens et de services à cette échelle. Elle s’accompagne d’un essor spectaculaire des pratiques de délocalisation, qui remet en question la division internationale traditionnelle du travail. Bref, il y a dans la montée en puissance des pays émergents tous les ingrédients d’un bouleversement géopolitique.

    Nous voulons mettre en lumière le contexte dans lequel ces nouveaux pôles économiques se sont développés et appréhender quelques questions clés telles que l’émergence de la Chine, de l’Inde et du Brésil en ce XXIe siècle. Il s’agit d’analyser les mécanismes de cette "révolution tranquille" qui nous concerne tous, car elle augure d’un monde de plus en plus multipolaire (par rapport aux réalistes), à même de faire potentiellement basculer le centre de gravité économique et politique.[6] Jusqu'en1991, les Etats-Unis d'Amérique (USA) et l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) étaient considérés comme les seules superpuissances du globe[7], c'est-à-dire, selon la définition de l'ancien secrétaire d'État américain, ZBIGNIEW BREZINSKI, un État hégémonique économiquement, culturellement, diplomatiquement et militairement.

    En deuxième position, se situaient les Grandes Puissances (Chine, France, Grande-Bretagne) à la fois membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations-Unies (CSNU), puissances culturelles, économiques, militaires, balistiques et nucléaires, capables de développer une politique extérieure indépendante sinon autonome. La variable de l'arme nucléaire était donc essentielle dans la définition de la Super Puissance ou de la Grande Puissance, à laquelle se greffait la possession de missiles balistiques à portée intermédiaire (entre 3.000 et 5.500 km) et/ou continentale (plus de 5.500 km). Les puissances nucléaires ont un pouvoir d’annihilation contre ceux qui en sont dépourvus. L'obtenir, c'est quitter une position de soumission à l'ordre des grands, chercher à l'obtenir, c'est contester cet ordre pour à terme s'en faire l'un des gardiens.

    La possession de l'arme absolue érigeait donc l'État détenteur au-dessus des autres catégories d'États, parmi lesquels les pays émergents. Aujourd'hui, les pays émergents sont généralement appréhendés comme des acteurs influents de la scène mondiale ou en passe de l'être, et en cela seraient en mesure de disputer l'hégémonie des membres permanents du CSNU.

    Mais qu'appelle-t-on pays émergent? Ce terme, forgé en 1981 par l'économiste néerlandais de la Banque Mondiale Antoine VAN AGTMAEL, nommait en réalité les "marchés émergents", c'est-à-dire des États qui se distinguaient à la fois des pays développés et des pays en voie de développement (parmi lesquels les Pays les moins avancés).

    En d’autres termes, ce sont des acteurs qui montent en force et issus du Sud, ils sont les nouveaux gagnants de la mondialisation et évoluent dans les structures bien connues, telles que : IBAS, BRIC, BRICS, BRICSAM, BRICA, BASIC, etc. Ci-dessous quelques caractéristiques des puissances émergentes : 

  •  Ces pays émergents (puissances émergentes) participent depuis un temps à la diffusion et à la distribution du pouvoir international et travaillent pour la remise en cause de la triade (Europe, Japon et États-Unis).

  • Le développement national est la base des puissances émergentes, car il faut tenir compte de la croissance soutenue sur 10 ans ou moins.

  • Les puissances émergentes sont caractérisées par l’attrait des investissements directs étrangers et des investissements dans les secteurs stratégiques.

  • Elles importent les capitaux dans leur voisinage direct et lointain.

  • Elles sont pourvoyeuses d’aide au développement sans conditionnalité ;

  •  Elles disposent des entreprises qui s’internationalisent à travers le monde par la stratégie de fusion et acquisition concurrentes dans le but de se procurer les marchés et d'élargir leur taille. 

Les puissances émergentes s’affirment comme leaders dans le domaine clé du commerce mondial. Ce qui est important, elles cherchent à transformer leurs performances économiques en une influence politique ; conséquence, elles développent des ambitions de puissance et sont guidées par la volonté d’agir pour un partage plus équilibré du pouvoir mondial. Elles préfèrent une diplomatie multidirectionnelle du Nord, Sud, surtout dans les enceintes multinationales comme le G8, le G20 et d’autres conférences sur la gouvernance mondiale et même à l’ONU. Certaines sont membres de l’ONU et les autres ambitionnent d’en devenir membres permanents, comme la RSA, l’Inde et le Brésil. Enfin, ces puissances émergentes créent des zones d’influence. La Chine en Asie du Sud-Est, le Brésil en Amérique du Sud, l’Afrique du Sud en Afrique méridionale, l’Inde en Asie du Sud, la Russie en Caucase et Asie Centrale (Crimée aujourd’hui). D’où, elles ont l’aspiration de jouer dans la High politics. 

Elles s'identifient par leurs offres des meilleures garanties et opportunités pour recevoir investissements et délocalisations grâce à une politique fiscale avantageuse, une industrialisation accélérée, une main d'œuvre bien formée et bon marché, une stabilité politique, le respect du consensus de Washington, la promotion (théorique) de la démocratie, et enfin une transition démographique en voie d'achèvement. Parmi eux, s'identifiaient les quatre dragons (Corée du Sud, Singapour, Taïwan, Hong-Kong) devenus pays développés ; puis par la suite les "tigres" (Thaïlande, Malaisie, Indonésie, Philippines et Vietnam) appelés aussi "bébés tigres" et aujourd'hui Nouveaux pays industrialisés, enfin les jaguars (Mexique, Chili, Colombie). 

La nécessité de catégoriser les États fractionnant l'œcoumène n'est donc pas nouvelle. Fort éloigné de la volonté de les classer suivant leurs importances réelles (économique, diplomatique, militaire, technologique, culturelle…), le processus fut d'emblée inscrit dans une stratégie politique affirmée sur la base de critères tantôt objectifs, tantôts subjectifs. Ainsi, dans les années 1980, l'URSS, avec un PNB en fait inférieur à la France, était considérée comme la deuxième puissance économique.[8] Le Japon quant à lui, véritable deuxième puissance économique, représentait une puissance très négligeable sur le plan diplomatique, culturel et militaire (vassalisation auprès des États-Unis). Le Vatican[9] et Israël, puissances culturelles et diplomatiques considérables, n'ont presque jamais été considérés comme telles dans les manuels de Relations Internationales.[10] 

En 1991, Francis FUKUYAMA annonce l'émergence d'un monde dit unipolaire, avec l'hyperpuissance américaine[11] au centre. La fin de la bipolarisation et les conséquences des crises économiques et systémiques des années 1980 ("décennie perdue") et 1990 bouleversent quelque peu le classement jusque-là admis. Le PIB de la Russie (seconde, voire première puissance nucléaire au monde) rétrograde derrière celui des Pays-Bas. L'Argentine quitte un temps le périmètre des pays du Nord. Le Brésil des années 1950-1970 si prometteur (devenu le pays le plus endetté au monde) abandonne son programme nucléaire. L'Afrique du Sud (RSA), puissance continentale nucléaire, balistique, diplomatique, politique et économique[12], renonce provisoirement à sa puissance atomique à la fin de l'apartheid. Un second bouleversement s'opère à partir de 2001 lorsque l'unipolarité américaine est malmenée par les échecs de sa guerre contre le terrorisme et l'émergence ou la réémergence d'États vus comme des rivaux économiques, diplomatiques[13] et militaires. Cette situation rend nécessaire l'adoption de nouvelles typologies.  

En 2001 précisément, l'économiste de Goldman Sachs, Jim O’NEILL, range les pays émergents les plus importants sous l'acronyme BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine). Ils se reconnaissent de plus comme des sous-continents à forte croissance économique et des puissances exportatrices.[14] Plus tard y est associée la RSA. On parle alors des BRICS, davantage un forum de dialogue d'ailleurs qu'une alliance stratégique. L'acronyme IBAS (Inde, Brésil, Afrique du Sud) circule aussi comme une structure coopérative économico-politique ayant pour but d'acquérir une importance supplémentaire au sein de l'OMC et au CSNU. Ainsi, en compilant les critères retenus par plusieurs auteurs indiqués en notes infrapaginales, les pays émergents répondent au final à plusieurs critères. Ils sont d'anciens pays en voie de développement, "venus tardivement au développement" (il y a trente ans au maximum).  

Ils s’appuient sur une "industrialisation rapide et une insertion de plus en plus importante" dans la globalisation. Ils disposent d'une main d'œuvre importante et bon marché. La croissance économique annuelle de leur PIB, forte et durable, est cadencée entre 4 et 10% mais ils n'ont pas encore rejoint le niveau des pays développés, bien que cette croissance "met en question, voire menace, la situation économique des pays développés". Leur richesse est inférieure à la moyenne des pays développés. "Les conditions de vie de la population s'améliorent, les revenus augmentent et la classe moyenne devient de plus en plus importante".[15] Enfin, ces gouvernements sont stables et surtout interventionnistes autour de priorités que l’historien Claude CHANCEL appelle les "cinq E ": État, éducation, entreprise, épargne, exportation.[16] 

La définition, étirée à l'extrême, affecterait à moyen terme une vingtaine d'autres pays, représentant la moitié de la richesse du monde et des exportations en matière  de hautes technologies, les BRIC[17] représentant eux-mêmes la moitié de cette proportion.[18] Plusieurs pays répondent à ces définitions : les BRICS, le Mexique, l'Argentine, la Turquie, la Thaïlande, l'Indonésie, la Malaisie, les Philippines, la Corée du Sud. En 2008 en effet, O'NEILL prévoit que 11 pays (Indonésie, Mexique, Turquie, Nigeria, Philippines, Iran, Arabie Saoudite, Afrique du Sud, Thaïlande, Viêtnam et Venezuela) rejoindront les BRICS. 

Mais ces deux derniers concepts se dissolvent lorsque les crises fragilisent le Nigéria, le Mexique ou l'Iran.[19] Le concept d'émergence comporte des contradictions à cause de ses composantes à géométrie variable. Reconnaître "l'émergence" d'un pays n'est pas anodin, car à terme, ceux qui s'y trouvent catalogués par les Organisations Internationales, les chancelleries ou les agences de notation, voient leur légitimité accrue pour étendre ou renforcer leur zone d'influence, siéger parmi les membres influents des autres organisations internationales, confirmer son leadership au sein des organisations régionales (OIGR) afférentes. De même, l'étiquette "émergence" apposée voire imposée par les puissances traditionnelles apparaît discriminatoire car les émergents ne sont pas encore reconnus à l'aune de la véritable puissance qu'ils revendiquent. En même temps, par cette notion, ils entrent dans l'antichambre du concert des grandes nations qu'ils ambitionnent d'intégrer. 

Le problème principal est que la plupart de ces pays émergents ne sont pas suffisamment influents (puisqu'ils n'appartiennent pas au CSNU[20]) et ne contestent pas tous la puissance occidentale, en raison de leurs faiblesses diplomatique, culturelle, militaire et leurs faibles représentativités au sein des principales organisations internationales. Réfléchir à la place qu'occupent les facteurs politique, militaire, et diplomatique dans le concept de l'émergence risque de remettre cette dernière en cause car elle ne saurait s'appliquer aux puissances traditionnelles. Car si les émergents sont a priori ceux "qui participent fortement et de façon récente aux échanges mondiaux, et qui connaissent une forte croissance économique"[21] , quid de leur influence diplomatique, politique, militaire et culturelle ? Si le paramètre principal n'est qu'économique, les émergents ne peuvent en rien tenir la comparaison avec les Grandes Puissances (Chine, France, Grande-Bretagne) et les puissances régionales (Brésil, RSA).  

Les émergents ne disposent pas notamment d’arme nucléaire et des vecteurs appropriés, l'Inde mise à part, ce qui peut avoir des conséquences sur leur diplomatie par effets connexes. Il est donc nécessaire d'identifier cette fois les pays dont l'émergence affirmée pourrait, dans un futur immédiat, significativement influencer les relations internationales. Ces États seraient donc à la fois des "pays émergents" mais également des grandes puissances en devenir. ZBIGNIEW BREZINSKI les nomme superpuissances émergentes soit une "entité supranationale montrant le potentiel de devenir une superpuissance dans un avenir plus ou moins lointain"[22]. Leslie ELLIOT ARMIJO considère ainsi le Brésil comme une "superpuissance émergente et première superpuissance de l'Amérique Latine" alors que KOURLIANDSKY le voit comme "puissance émergente et globale"[23]. Mais par essence, une superpuissance se réfère à ce qu'ont été les États-Unis et l'URSS. Par exemple, ils ne peuvent, de leurs propres volontés, projeter des forces sur un théâtre extrarégional sans mandat de l'ONU. 

C'est pourquoi nous utiliserons ici le terme de "Pays Émergents" (PE), selon l’appellation de Jim O'NEILL c'est-à-dire des pays n'ayant jamais été, à un moment de leur histoire, parmi les 5 puissances à la fois militaire, économique, diplomatique et culturelle et qui ne sont pas membres permanents du CSNU. 

II. Angola : un pays en chantier ? 

L’Angola est situé sur la côte ouest du sud de l’Afrique. Ses côtes atlantiques s’étendent sur 1.650 km et ses frontières sur près de 5.000 km (avec la RD Congo, la Zambie et la Namibie). La capitale du pays est Luanda. L’Angola fut une colonie portugaise jusqu’au 11 novembre 1975, date à laquelle il a acquis son indépendance. Il est composé de dix-huit provinces. La superficie de l’Angola est de 1.246.700 km2, soit le 23e plus grand pays du monde (41,5 fois la Belgique). Seuls 3,3% (sic) de cette surface sont des terres arables et 0,2% des cultures permanentes.[24] 

Le climat angolais est tropical et humide dans le nord, subtropical avec moins de pluies dans le Sud. Les températures sont plus basses et les pluies plus abondantes sur les plateaux que sur les côtes. La saison des pluies s’étale d’octobre à avril. Les mois les plus chauds sont février et mars avec une moyenne des températures maximales de 28°C. Les ressources naturelles sont le pétrole, le diamant, le minerai de fer, les phosphates, le cuivre, le feldspath, l’or, la bauxite et l’uranium. L’Angola compte approximativement 20 millions d’habitants. La population y est jeune et en forte augmentation : 47,5% de la population a moins de 15 ans et la moyenne d’âge est de 17,9 ans. La croissance démographique est de 3,0% et la population devrait plus que doubler d’ici 2050 (43 millions d’habitants). 

Plus de la moitié de la population (59,4%) vit en zone urbaine. Les villes les plus peuplées sont Luanda (4,5 millions d’habitants), Lubango (1,0 million d’habitants) et Huambo (0,9 million d’habitants). La population est composée de différentes ethnies : 37% d’ovimbundu, 25% de Mbundu, 15% de Bakongo et 8% de Tchokwe-luanda. La majorité des Angolais adhèrent à une des religions locales (45%) ou sont catholiques romains (38%) ou protestants (17%). La langue administrative est le portugais. Il y a néanmoins 6 langues vernaculaires tels l’umbundu, le kimbundu et le kikongo. La monnaie nationale est le kwanza (AoA).[25] 

En août 2013, 1 euro valait 127,07 kwanzas. Malgré une légère amélioration ces dernières années, l’Indice de Développement humain (IDH) de l’Angola reste très faible, ce qui le place 148ème pays au classement mondial en 2012. L’Angola a l’un des taux de mortalité infantile les plus élevés et l’une des espérances de vie parmi les plus faibles au monde (moins de 60 ans).[26] En effet, les épidémies de choléra, de paludisme ainsi que d’autres fièvres hémorragiques sont courantes dans plusieurs régions du pays. De plus, l’Angola présente aussi des taux élevés de tuberculose et de SIDA. L’Angola figure à la 157ème place selon l’indice de perception de la corruption calculé en 2012 par Transparency International et, en ce qui concerne le climat des investissements, à la 172ème place dans le classement 2013 du Doing Business de la Banque mondiale. L’édition 2010 de la coupe d’Afrique des nations de football a été organisée en Angola et a été disputée par quinze nations au lieu des seize prévues à l’origine, à la suite du retrait de l’équipe du Togo victime d’une attaque terroriste quelques jours avant le début de la compétition.[27] 

À l'image du pays, Luanda, la capitale, est devenue un immense chantier. La ville, hérissée de grues, évoque à la fois Johannesburg et Kinshasa. La première pour la puissance des sociétés minières, la vie retranchée des plus riches dans des complexes de luxe, le brassage racial et la présence d'une classe métisse (ici aux commandes). La seconde en raison d'une misère omniprésente qui n'empêche pas le coût faramineux de la vie. Luanda, l'une des métropoles les plus chères du monde, surpasse même Tokyo de ce point de vue. L'afflux de migrants et la pénurie de logements ont provoqué une envolée des prix des loyers - jusqu'à 15.000 dollars par mois pour un studio sans grand standing.  

Des tours flambant neuves surplombent des quartiers dévastés où certains immeubles sont encore criblés d'impacts de balles laissés par des mitraillettes de fabrication soviétique. Luanda centralise les trois quarts de l'activité économique et de la consommation nationales. Il n'est guère étonnant, dès lors, que le tiers de la population du pays s'y agglutine et compte chaque kwanza (la monnaie locale) pour faire le trajet qui sépare les faubourgs du centre. Un voyage qui se solde par plusieurs heures quotidiennes d'embouteillages à bord des candogas (les taxis collectifs) dans une cité saturée de ses 5 à 6 millions d'habitants. L'élite, de son côté, flambe ses dollars et regarde dans d'autres directions (Dubaï, notamment), intriguée par l'usage que les pays du Golfe ont fait de leurs pétrodollars.[28]   

Des projets grandioses visent à décongestionner le centre, grâce à une nouvelle route côtière empiétant à grands frais sur la mer ou encore via la construction d'une capitale administrative à l'écart de la ville, confiée à Oscar NIEMEYER, l'architecte brésilien centenaire qui a dessiné Brasilia. Symbole du renouveau angolais, la "tour Angola", en forme de A, se veut la plus haute d'Afrique. Avec ses 326 mètres, elle dépasse la tour Eiffel. Mais les musseques, ces quartiers populaires et insalubres, présents jusque derrière le port, au cœur de la ville, rappellent que les inégalités sont l'une des grandes caractéristiques du pays, aussi criantes qu'en Afrique du Sud ou au Brésil.[29] 

Depuis 1975, c'est le même parti, le MPLA, qui se trouve au pouvoir à Luanda. Les élites qui gravitent autour de ce mouvement fondé en 1956, autrefois marxiste-léniniste et toujours membre de l'Internationale socialiste se sont converties au libéralisme. Les oligarques circulent en 4x4 et s'offrent les modèles de voiture les plus chers. Ils sont régulièrement accusés par tout ce que le pays compte d'artistes et d'intellectuels de penser d'abord et avant tout à leurs propres intérêts. Sur un total de 500 entreprises publiques, une centaine devraient être privatisées, sur décision unilatérale du MPLA. Pour l'instant, ce sont surtout des hôtels qui ont été privatisés. Le processus peu transparent de leur vente favorise un club restreint estimé à une centaine de responsables politiques et militaires impliqués ou reconvertis dans les affaires.  

Dans le budget de l'État, la part de dépenses sociales a largement augmenté. Elle représentait 28,8 % du total en 2008 et 31,6 % en 2009, et doit se maintenir à 30,5 % en 2010, contre 18 % pour la défense, un poste toujours important, mais qui n'est plus prioritaire. Les bailleurs de fonds, eux, ne sont pas dupes. Ils ont fait le lien entre la campagne électorale de 2008 et la construction d'écoles et de dispensaires dans les plaines côtières, où réside la base "assimilée" du MPLA.[30] Les "assimilados" regroupent les Noirs éduqués et les métis, par opposition aux "civilizados" portugais et aux "indigenas" africains, autant de catégories instaurées avant l'indépendance, au temps de la "province d'outre-mer" portugaise. L'intérieur du pays, jadis contrôlé par l'Unita, reste nettement moins développé. C'est là que vit, sur les plateaux, l'ethnie africaine des Ovimbundus (environ 40 % de la population).[31]

 (à suivre)

  

C.T KATAMB A YAV
LUHITO KIZA
Département des Relations Internationales
Université de L
ubumbashi

 Bibliographie 

  1. Alex DUVAL-SMITH, " It's party time for Luanda's elite as Angola grows rich on oil and gems ", The Observer, 31 août 2008.

  2. ANDRÉSY Agnès et al., " La Chinafrique, mythes et réalité " , Etudes, 2010/9 Tome 413.

  3. Augusta CONCHIGLIA, " Après-guerre et or noir en Angola ", in Le Monde diplomatique, mai 2008.

  4. Axelle DEGANS, Claude CHANCEL, "Emergences : le basculement du monde ?". La Revue diplomatique, 15 juillet 2011.

  5. Christian JAFFRELOT (dir.), L'enjeu mondial. Les pays émergents, Paris : Presses de Science Po, 2008.

  6. Christian JAFFRELOT, Le Monde, 26 janvier 2010.

  7.  Emmanuel TAWIL, Relations Internationales, Vuibert, 2010.

  8. GILPIN R, U.S. Power and the International Corporation: The political Economy of Foreign Direct Investment, New York, Basic Books.

  9. Global Strategic Assessment 2009, America’s Security Role in a Changing World, Institute for National Strategic Studies, National Defense University Press, Washington, D.C. 2009.

  10. Grégory VANEL, " Economie politique internationale ", in  Macleod, A, Dufault, E, Guillaume Dufour, F, et Morin, D, Relations internationales. Théories et concepts, Ed. Athéna, 3ème éd. Québec, 2008.

  11. Hubert VEDRINE, Face à l'hyperpuissante : Textes et discours, 1995-2003, Fayard, 2003.

  12. Jacques BARRAT, " La "Chinafrique" : un tigre de papier ? ", Géostratégiques, n°25, octobre 2009.

  13. Jacques MARSEILLE (dir.); Le monde de 1939 à nos jours, Classiques Hachette, 1983.

  14. Jean Claude ZARKA, Relations Internationales, Ellipses, Bruxelles, 2010.

  15. Jean COUSSY, L'enjeu mondial, les pays émergents, Presse de Science Po, 2008.

  16. Jean Jacques ROCHE, Relations Internationales, Lextenso éditions, Paris, 6 ème édition, 2009.

  17. Jean-Jacques KOURLIANDSKY, "Amériques Latines: une présence internationale de plus en plus exigeante et fragmentée", in L’année stratégique 2012, IRIS, Armand Colin.

  18. Jean-Nicolas SAUCIER, " Doing business 2013: le Canada tourné vers l’Afrique ", Afrique Expansion, Novembre 2012.

  19. JIM O'NEILL, "it is time to re-define emerging markets". Consulté le 15 janvier 2014.http://www.goldmansachs.com/our-thinking/global-economic-outlook/intro  growthmarkets/video/introducting-growth-markets.html

  20. Justine FAURE et Yannick PORTS, Relations Internationales, Ellipses, Bruxelles, 2008.

  21. Maira Magro et Gustavo de Almeida, " Angola, l'eldorado africain des Brésiliens ", La Specula, 1er février 2009.

  22. Maurice VAÏSSE, Les relations Internationales depuis 1945, Armand Colin, 12ème édition Paris, 2011.

  23. Philippe Bernard, " Luanda, loin de l'Angolagate ", Le Monde, 7 octobre 2008.

  24. Philippe MOREAU DEFARGES, L'ordre mondial, Armand Colin, Paris, 3 ème édition, 2008.

  25. Rapport 2009 sur les Perspectives de développement en Afrique, Centre de Développement de l'OCDE, Paris.

  26. Richard Lapper, " Les Portugais réinvestissent Luanda ", Financial Times et Jeune Afrique, n°2560, 2 février 2010. 

  27. Sammy Sioen, ANGOLA, in l’agence pour le commerce extérieur, septembre 2013.

  28. Serge Michel, " Reconstruire l'Angola, quitte à sauter sur une mine ", Le Monde, 28 octobre 2007

  29. Serge SUR, Relations Internationales, Lextenso éditions, 6 ème édition, 2011.

  30. Sharon LaFraniere, " As Angola prospers, poverty persists for most ", International Herald Tribune, 14 octobre 2007

  31. Steve COULOM, Le Nouvel équilibre mondial et les pays émergents, Editions Technip, 2011.

  32. Trépant Inès, " Pays émergents et nouvel équilibre des forces ", Courrier hebdomadaire du CRISP, 2008/6 n° 1991-1992.

  33. Zbigniew BREZINSKI, The Grand Chessboard: American Primacy and Its Geostrategic Imperatives, Basic Books, 1997.

 



[1]Jean-Nicolas SAUCIER, "Doing business 2013 : le Canada tourné vers l’Afrique", Afrique Expansion, Novembre 2012.

[2] GILPIN R, U.S. Power and the International Corporation: The political Economy of Foreign Direct Investment. New York, Basic Books, p.43.

[3] Grégory VANEL, Économie politique internationale, in  MACLEOD A, DUFAULT E, GUILLAUME DUFOUR F, et MORIN D, Relations internationales. Theories et concepts. Québec, Ed. Athéna, 3ème éd. 2008, p.117.

[4]“Projecting economic growth is rife with uncertainties. A generation ago, many people believed that Japan’s continued success would make it the world’s leading economy. There are even greater uncertainties about how economic prowess will translate into geopolitical influence”. (Global Strategic Assessment 2009, America’s Security Role in a Changing World, Institute for National Strategic Studies, National Defense University Press, Washington, D.C. 2009, p. iv.), p.17.

[5]Aujourd’hui plus que par le passé, la puissance sur la scène internationale ne comprend pas que des facteurs mesurables ou quantifiables, elle varie également avec la représentation qu’on en a. Images de soi, de l’autre, de soi face aux autres, d’une menace, du monde en général, il apparaît que la dimension cognitive de la puissance est considérable.

[6]TRÉPANT Inès, Pays émergents et nouvel équilibre des forces. Courrier hebdomadaire du CRISP, 2008/6 n° 1991-1992, p. 5.

[7]Pendant la Guerre froide, le monde restait multipolaire, car si la Chine, la France et la Grande-Bretagne restaient vassalisées auprès de l'une des deux superpuissances, les relations de soumission n'étaient en rien automatiques.

[8]L'Institut National d'Études Économiques (INED) édite une carte numérique représentant le PIB pour chaque pays en 1982. Les États-Unis figurent par un rectangle d'une surface 10,26 cm², l'URSS 4,76 cm² et le Japon 4,42 cm². Jacques MARSEILLE (sous la direction de), Le monde de 1939 à nos jours, Classiques Hachette, 1983. 399 pages, page 226.

[9]Freddy EYTAN, Victor GRAYEWSKY, agent secret du Shin Beit à Jérusalem, Éditions Alphée, 2008, Chapitre 2

[10]Parmi ces derniers: Jean Claude ZARKA, Relations Internationales, Ellipses, 2010, 190 pages. Justine FAURE et Yannick PORTS, Relations Internationales, Ellipses 2008, 610 pages. Emmanuel TAWIL, Relations Internationales, Vuibert, 2010, 334 pages. Serge SUR, Relations Internationales, Lextenso éditions, 6 ème édition, 2011,598 pages. Jean Jacques ROCHE, Relations Internationales, Lextenso éditions, 6 ème édition, 2009, 396 pages. Maurice VAÏSSE, Les relations Internationales depuis 1945, Armand Colin, 12 ème édition, 2011. Philippe MOREAU DEFARGES, L'ordre mondial, Armand Colin, 2008, 3 ème édition.

[11]Hubert VEDRINE, Face à l'hyperpuissante : Textes et discours, 1995-2003, Fayard, 2003. 380 pages.

[12]Dans les années 1980, la RSA représente 40% du PIB de l’Afrique subsaharienne, 29% aujourd'hui.

[13]Le recensement des réseaux diplomatiques les plus étendus suffit à invalider la notion de pays émergent. Dans les premiers réseaux, il faut citer les États-Unis, la France, le Vatican, la Russie. La Chine et le Brésil on entamé une course pour multiplier les ouvertures de représentation diplomatique officielle et officieuse.

[14]JIM O'NEILL, it is time to re-define emerging markets. .Consulté le 24 Avril 2014. http://www.goldmansachs.com/our-thinking/global-economic-outlook/intro  growthmarkets/video/introducting-growth-markets.html

[15]Jean COUSSY, L'enjeu mondial, les pays émergents. Presse de Science Po, 2008.

[16]Axelle DEGANS, Claude CHANCEL, Émergences : le basculement du monde ? La Revue diplomatique, 15 juillet 2011, p.

[17]Steve COULOM, Le Nouvel équilibre mondial et les pays émergents, Éditions Technip, 2011.

[18]Christian JAFFRELOT, Le Monde, 26 janvier 2010.

[19]Jim O'NEILL, Op. cit.

[20]CSNU : Conseil de Sécurité des Nations Unies

[21]Histoire Géographie 4 ème , sous la direction de Sandrine LEMAIRE, Hachette Education, 2011, p. 302.

[22]ZBIGNIEW BREZINSKI, The Grand Chessboard : American Primacy and Its Geostrategic Imperatives, Basic Books, 1997.

[23]Jean-Jacques KOURLIANDSKY, Amériques Latines: une présence internationale de plus en plus exigeante et fragmentée ; in L’année stratégique 2012, IRIS, Armand Colin, p. 202.

[24]Sammy SIOEN, ANGOLA, in Agence pour le commerce extérieur, Septembre 2013, pp.4-5

[25]Sammy SIOEN, op. cit, p.5.

[26]Sammy SIOEN, op. cit, p.5.

[27]Idem, p.5

[28]Ibidem, p.5.

[29]Augusta CONCHIGLIA, Après-guerre et or noir en Angola. Le Monde diplomatique, mai 2008.

[30] Rapport 2009 sur les Perspectives de développement en Afrique, Centre de Développement de l'OCDE, Paris.

[31]Rapport 2009, Op.cit.

 

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