Editorial - Bonne et mauvaise gouvernance

 

 

Avez-vous déjà entendu parler de la Fondation Mo Ibrahim, du nom de cet homme d'affaires soudanais qui a décidé un jour de mettre une partie de sa fortune au service des communautés africaines en les débarrassant de ses dictateurs corrompus ?

 

 

En pratique, quand cette Fondation identifie un dirigeant qui se distingue spécialement par son attitude démocratique, notamment en cédant sans discussion les manettes du pouvoir à un successeur issu d'une élection présidentielle, elle lui attribue une somme de cinq millions de dollars répartis sur 10 ans en plus d'une rente à vie de 200.000 dollars qui peuvent même être doublés si le récipiendaire fonde une œuvre caritative.

Voilà qui pourrait attiser bien des envies parmi nos dirigeants africains mais néanmoins force est de constater qu'ils ne sont guère nombreux à vouloir en profiter puisque ce prix n'a été attribué que quatre fois en une décennie, le Comité de décision n'ayant pas identifié d'autres candidats à la hauteur. Cela voudrait-il signifier que l'attrait du pouvoir est plus fort que la récompense promise ou alors qu'il rapporte plus encore financièrement parlant ou que la meilleure façon de se prémunir d'éventuelles poursuites judiciaires post-mandat, c'est de garder le contrôle du pays ? 

Mais bref, cette année, le Président namibien HIFIKEPUNYE POHAMBA qui a cédé sa place à son successeur Hage GEINGOB, a remporté ce prix Mo Ibrahim et prouve par le fait même que la démocratie en Afrique, cela peut marcher. Nous apprenions hier qu'à l'issue des élections au Nigeria, le Président Jonathan GOODLUCK lui aussi félicite son vainqueur et passe la main. Tout cela est de bon augure et peut-on dès lors espérer que la vaste mobilisation intérieure en RD Congo portera les mêmes fruits et que le Président KABILA renoncera à briguer un troisième mandat qui serait alors non constitutionnel ?

Affaire à suivre donc, mais les lueurs d'espoir que ces deux cas récents de transition démocratique peuvent soulever, font reculer le spectre toujours menaçant de la corruption sur le continent africain et permettent d'espérer un avenir plus séduisant que ce que l'on décrit habituellement.

E. VAN SEVENANT

 

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