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Un ami m’a parlé de ce site, et je n’ai pu m’empêcher de le visiter. Cet article vient à point pour marquer l’émergence des plumes africaines. La phrase qui a retenu mon attention, la voici : « Le "héros" de l'histoire, qui en devient le Premier Ministre, n'est pas plus désintéressé que l'hôte fou furieux du palais présidentiel, le général Télou ».

Car là réside le vrai problème de l’Afrique, à l’heure de la démocratisation. Au fait, il ne suffit pas de crier haro sur le baudet en pointant du doigt les dictateurs seulement. Mais il faut s’interroger également sur la probité des soi-disant figures de l’opposition qui, dans la plupart des cas, ne sont motivés que par la politique du ventre : s’emparer du pouvoir pour se remplir l’estomac et les poches ! C’est l’un des problèmes quI ressort ce livre. Bravo !
Togolaise moi-même, j’affirme, sans aucun risque de me tromper, que ce livre n’est que le Togo qui se regarde dans un miroir. À proprement parler, ce n’est pas un roman, mais plutôt un récit des soubresauts meurtriers des années 90 au Togo.

Oui, on y retrouve le Togo où des opposants politiques qui, en pleine tactique du « moi ou rien », préfèrent s’allier au tyran plutôt que d’être galants perdants. On y retrouve le culte de la personnalité, l’armée nationale d’occupation, les massacres, l’impunité, les querelles intestines, les magouilles, les mascarades électorales, le silence criard de la France, etc.

Mais là où le bât blesse, c’est que cet auteur se soit enlisé dans la clandestinité : il n’est pas sur Wikipedia, aucun document audiovisuel sur lui (ex. une conférence de presse), aucun article de presse. Du coup son ouvrage est condamné à stagner, à faner et à disparaitre, faute d’activités culturelles autour du livre. C’est bien dommage. Peut-être craint-il pour sa vie. Mais cette excuse ne tient pas la route. En définitive, il faut bien assumer le courage de ses actes !
Judith TOULAN
Fleurus